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FAIRE SA PROMO POUR LES NULS : LES 10 POINTS A EVITER

FAIRE SA PROMO POUR LES NULS

LES 10 POINTS A EVITER

 

La vague de reformations de groupes des années 80 nous offre depuis un peu moins de 10 ans tout et n'importe quoi, du groupe « grande gueule mais petits bras » qui clame en majuscule sur les réseaux sociaux son grand retour en salle de répète,  au gang de bad boys annonçant toutes les semaines son come back à l'occasion d'un festival parisien, monte sur scène et, réalisant qu'il aurait été bon de répéter au moins une fois avant de jouer en public, se sauve après deux titres exécutés les yeux bandés (ci gît HARDROQUE, un brave gars), en passant par le combo que son leader (de moins en moins) charismatique s'acharne à décrédibiliser à grand coup de pseudo buzz.

Bref de quoi démotiver sérieusement les plus passionnés. Heureusement, on rencontre aussi des reformations sincères n'hésitant pas à se remettre en question et à prendre des risques pour offrir le meilleur au public.

Histoire de rire, et afin d'assurer un renouvellement de mon cheptel de Haters (les anciens commencent à m'apprécier, ou ont disparus mystérieusement ;-)), voici un top 10 des méthodes de communication usées, ridicules ... voire pire, que vieux routards ou jeunes loups osent parfois encore utiliser sans se rendre compte de ce que cela véhicule.

1 : Nous l'avons vu plus haut, l'annonce en majuscule sur les réseaux sociaux et tous les moyens de communication de notre Rock Star :  « ATTENTION ! J'ANNONCE LE RETOUR EN FORCE DES DEVIL GLASSES » (oui, en majuscule histoire de montrer qu'on est important … ou qu'on est une telle quiche en informatique qu'on ne maîtrise pas la touche caps lock)

Avec une telle annonce le minimum est de passer en tête d'affiche du HELLFEST ou du WACKEN, ou d'assurer la première partie de la tournée européenne de METALLICA. Si votre retour en force consiste à reprendre laborieusement les répétitions, voire d'avoir écrit 5 lignes de votre futur tube, autant vous abstenir pour ne pas passer pour le blaireau que vous êtes.

2 : La phrase qui tue, « Concert exceptionnel, incroyable, les absents auront tort » :

Il peut certes être regrettable de rater un bon concert, mais de là à avoir tort de ne pas y être … surtout lorsque le concert « mythique » a lieu toute les deux semaines dans un bar de banlieue.

Imaginez la scène en live : La Star : « Tu étais absent, tu as eu tort »  
moi : « sûrement, finalement pourquoi être allé passer la soirée avec ces 2 tops modèles suédoises nymphomane avec qui j'ai fait des folies de mon corps toute la nuit alors que j'aurais pu venir dans un rade mal sonorisé et non aéré à boire une bière frelatée avec des quadra frustrées qui essaye de se convaincre qu'elles sont moins moche qu'il y a 20 ans »
cela marche aussi avec, « pourquoi me farcir encore ton répertoire bâclé dans un bar d'escrocs alors que je pouvais être tranquille chez moi, avec ma femme, à siroter un gewurztraminer grain noble en matant un bon film », ou « Le même jour il y avait dans une vrai salle un vrai groupe mythique de la scène 80's, pour un prix dérisoire et avec un  public de passionnés venus pour la musique et pas pour la bière lidl »
moins drôle, la réponse peut aussi être : « Tu as raison, j'aurais du rater l'enterrement de ma mère et venir te voir enterrer le Metal français ».

Je ne sais pas qui est le sombre crétin à l'origine de cette phrase mais par pitié ne la reprenez pas, ou acceptez de perdre toute crédibilité.

Variante de « les absents auront tort » : Les « vrais » seront là. Les « vrais » quoi ? Je vous laisse imaginer ;-)

3 – Pondre des annonces sur le web pour se la péter et oublier de répéter ses titres : Il est beau d’être omniprésent sur la promo d'un fest à grand coups de « on va déchirer », « on plaint les mecs qui joueront après nous », « prêts à prendre la baffe du siècle ? » (jusqu'ici tout va bien, it's only Rock N' Roll) … Mais rien de plus ridicule de quitter la scène après avoir foiré 2 titres et en laissant l'organisateur qui vous avait fait confiance avec un trou dans la programmation.

Variante de ce cas : arriver au fest, dire « putain y'a quand même du monde » et remettre le matos dans la camionnette pour rentrer la queue entre les pattes dans sa grange ou sa cave. Laissant un organisateur avec une scène vide


4 – Annoncer chaque nouvel album comme « le meilleur album que nous ayons jamais réalisé » :

Le meilleur !? Soit mon ami, je veux bien te croire ! Mais ... mes finances étant limitées, puisque chaque nouvel album est un aboutissement ultime qui relègue tes disques précédents aux oubliettes, permet moi d'attendre ton décès. Je serais ainsi assuré d'avoir la quintessence de ton talent, ton œuvre définitive, bref je serais sur que tu ne fera pas mieux plus tard et d'avoir la crème de la crème de ton moi profond (en l'écrivant je réalise à quel point cette image est répugnante, j'ai pourtant lu plus d'une fois ce genre d’ânerie).

Cet argument me rappelle le sketch des pubs, de Coluche, « plus blanc que blanc je vais éviter j'ai peur que mon linge devienne transparent, j'avais déjà l'air con avec des rayures ».

Variante amusante, faisant généralement suite au départ d'un musicien : « THE HERETIC BLUE SPAGUETTI (oui je sais, le nom tue vraiment, je pense sérieusement à le déposer ;-)) a enfin LE line up qu'il lui fallait, est enfin ce qu'il aurait toujours du être » … L'argument peut être valable une fois, il arrive en effet que la correction d'une erreur de casting améliore grandement l'ensemble, tout comme le départ d'un élément clef peut plomber un groupe.

En revanche, quand l'argument devient récurent, surtout lorsque le membre arrivant est systématiquement décrit comme « the best of the best » et les anciens membres comme des losers qui n 'existaient que par le groupe et la proximité de son (ou ses) leaders charismatique (sic), peut être faut il s'interroger sur l’intérêt de suivre un tel groupe ou artiste. Imaginez un cuisinier présentant sa cuisine : « avant je mettais de la merde dans mes plats, mais j'ai décidé de la remplacer par de la truffe », vous auriez envie de manger dans son resto ? Vous auriez confiance ? Pas moi !

5 – utiliser le financement participatif avec des prix ridicules ou des « cadeaux » (payant bien sur) qu'on aura du mal à assumer :

Le financement participatif peut être très sympa, on demande en fait au public de payer à l'avance le CD, plus une somme supplémentaire qui, en fonction de son importance, donne droit à des prestations en plus. Les participants ne sont généralement pas producteurs (le producteur peut espérer un retour sur investissement) mais plutôt des mécènes

Tee-shirt, vidéo, photo dédicacée, remerciements sur le site ou le CD, droit d'assister à une séance de studio, à une séance de mixage, à un concert en VIP, à un concert privé …

Attention toutefois à ne pas friser la prostitution dans le choix des bonus « offerts ». « Si vous payez 200 € le CD, vous avez droit à une  soirée en tète à tète avec le chanteur », « pour 500€  en plus de l'accès VIP vous pourrez monter sur scène et mettre une fessée au membre du groupe de votre choix » …

vous devrez donc vous exécuter et fournir la prestation promise, cela même si le « mécène » s'avère être le dernier des fâcheux et que voir son faciès vous incommode. Il faut donc vous attendre à devoir passer des soirées avec des gens qu'il est déjà à peine supportable de croiser deux seconde en sortant de scène ou subir un tête à tête avec cette nana qui vous a récemment traité de lamentable péripatéticienne du rock sur votre page cui-cui ou trombino-bouquin.

A moins évidemment de rompre unilatéralement ce qui est un contrat et engage a minima votre parole, auquel cas vous vous comporteriez non seulement comme un crétin n'ayant pas pesé les conséquences de son opération marketing, mais surtout comme un étron incapable de tenir ses engagements.


6 – Jouer constamment les misérables : Les disques coûtent si chers à réaliser, comment s'en sortir ? Le marché du disque ne rapporte plus rien ?  C'est si dur de vivre de son art !  … C'est vrai que les heures de studio coûtent cher, ainsi que les musiciens, l'infographe, la réalisation du livret, les photos … Mais soyons sérieux 2 secondes, les rares musiciens que je connais qui payent le prix fort pour chaque éléments ne se plaignent jamais. En revanche, ceux qui se plaignent sans cesse sont généralement des pleureurs professionnels avec des oursins dans les poches, Ils font tout à l'économie, souvent en exploitant des photographes et graphistes amateurs rêvant de passer pro et assez sympa pour offrir leur travail, des ingé-son en formation ou des vidéastes (voire petite sociétés de prod') volontaires et surtout GRATUITS, le tout avec un mépris larvé pour le réel travail de ces « petites mains ».

Evitez aussi de faire croire que le pressage seul vous coûte une fortune, on trouve facilement les tarifs sur le web.

Si vous voulez vraiment faire du coût d'un CD un argument de vente, assumez jusqu'au bout et publiez vos comptes mais ne venez pas jouer du pipeau sur des frais imaginaire si vous n'êtes qu'un radin compulsif manipulant un entourage naïf, taillable et corvéable à merci.

7 – La promotion d'un groupe fait appel à ce qu'on appelle communément de la « Communication », celle-ci peut hélas tourner à la farce pour diverses raisons, dont les deux suivantes :

Pour communiquer, il est utile d'utiliser une langue identique à celle utilisée par le public potentiel. « Super concert demain, venait nombreus, sa va dechirai », si tu as un groupe et ne peux écrire 2 lignes sans faire 40 fautes, mieux vaut t'abstenir et confier ta promo à ta petite cousine qui est passée haut la main en CM2, tes messages piquent les yeux.

Multiplier les vidéos pitoyables, enregistrées dans des locaux aux lumières ridicules, filmées d'un bateau (seule façon d'expliquer les phases de tangage et de roulis d'image) et montées par un gosse de 6 ans venant de découvrir les effets spéciaux, n'aide en rien ta notoriété. Le fait d'évoluer sur une mini scène sur fond de pub géante pour de la bière bas de gamme dans un clip youtube, ton batteur enfermé dans une cage en plastique et le logo d'un autre groupe accroché en fond de scène te fera peut être enfin passer à la télé ... dans vidéo gag.

Si ta campagne de communication pour le nouvel album repose sur des messages écrit dans une langue que toi seul comprend et que tes vidéos répondent au  descriptif ci-dessus, tu as toute ma compassion.


8 –  Pratiquer le révisionnisme biographique en réinventant l'histoire à sa sauce pour créer « sa légende » : Si tu as vraiment vendu 150 000 LP dans les années 80 pourquoi n'a tu aucun disque d'or ou attestation a montrer ? même une photo, une interview d'époque … comment peut il être aussi rare.
Tu étais précurseur à l'époque, le premier … c'est possible … ou pas. Tu peux  évidemment mentir
Tu comptes dans le métier et tu as le bras long … super pour toi, tu joue quand au WEMBLEY ARENA ?


9 – Se comparer constamment aux autres ou s'autoproclamer idole des jeunes : des phrases telles que « le meilleur groupe sur le circuit », « la crème de la crème » (encore ! je viens écouter de la musique, pas faire monter mon taux de cholestérol), « On ne joue pas dans la même cour que les autres » révèlent soit de gros problèmes d'Ego, soit un sens décalé de la provoc au second degré.

Le jeu du musicien faussement prétentieux, bigger than life, peut donc être un gimmick viable, drôle, voire sympa. Attention en revanche a ne pas le mélanger avec les points 1, 4, 6 ou 8, qui se révèlent alors de redoutables détecteur de branleurs prétentieux.

10 – Etre une diva hypocondriaque ne marche que pour les vraies stars, qui ont une major à leur disposition et les moyens qui vont avec.

Le fait de communiquer ton bulletin de santé avant chaque concert pour prouver ta warrior attitude est grotesque et décourageant. Savoir que tu chante malgré un herpès génital sur la langue ne fait pas rêver, et la perspective de me prendre un postillon mal placé chargé de miasmes me motive pour aller voir un autre concert que le tien.

Il en va de même pour les autres éléments de la vie privée d'ailleurs, on subit tous des épreuves, on a tous des problèmes, mais chercher à s'en servir pour manipuler le public et obtenir sa sympathie voire son indulgence  est digne de CLOSER ou GALA, super quand tu est un « artiste » issu de la télé-réalité  mais pitoyable si tu joue du Hard ou du Metal.

J'ai vu un bassiste avec de très gros problèmes de santé monter sur scène et tout déchirer, un guitariste jouer comme un dieu malgré des vertiges constant, un jeune batteur assurer un concert avec le dos en vrac, un bassiste jouer juste après avoir appris le décès d'un proche, un chanteur arriver à tenir en scène avec une fièvre de cheval … Des mecs comme ça on en connaît tous, parfois même été l'un d'entre eux, mais tous ont en commun la fierté d'avoir joué malgré tout, bien ou mal, mais d'avoir assuré sans se plaindre et sans chercher à se victimiser pour mieux se glorifier après. Le Rock (et le Metal) c'est aussi cela, de la sueur, du sang et des tripes, sortir le meilleur de soi-même et l'offrir au public, pas chouiner à chaque show pour s'inventer une « warrioritude » finalement peu crédible.

Si je me rappelle bien mes cours élémentaires, les 10 arguments sont là. Bravo à toi qui a réussi a lire l'intégralité de cet article qui m'a certainement permis de recharger mon stock de Haters. Pour finir je te propose un petit jeu, compte le nombre de points dans lesquels tu t'es reconnu, voire considéré comme directement visé.

Résultats du test :

0 points : Menteur ! On a tous un jour ou l'autre plus ou moins usé d'une de ces ficelles ;-))

1 points : On fait tous des conneries, l'essentiel est de s'en rendre compte et de ne pas systématiser cette pratique.

2 à 4 points : Sérieux ?! Surveille toi tu file un mauvais coton, il faut réagir si tu ne veux pas passer au stade supérieur ?

5 à 6 points : quand même ! Vire d'urgence ton manager, ou prend en un, mais fait quelque chose.  Tu as pensé à consulter ?

7 à 8 points : Félicitation ! Tu es un maître en formule toute faites. Si tu as plus de 50 ans,  tu es officiellement un has been. Si tu en as moins interdit à ton grand-père de faire ta com'. Entre nous … tu le fais exprès ? Tu t'es fait marabouter ? J'espère pour toi que ça n'est pas incurable, mais les espoirs sont certainement maigre. Peut-être peux tu tenter un exorcisme ?

9 points : Pour paraphraser DANTE, «Toi qui entre ici, abandonne toute espérance».

10 points : NE BOUGE PAS ! Et ne change surtout pas, le monde a besoin de comiques.

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