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La boutique GOM RECORDS rouvre ses portes, virtuelles cette fois. Retrouvez ce label en ligne indispensable tenu par notre Metal Brother Holger sur http://www.gom-records-onlineshop.com/
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Chapitre 10 - Les premiers pas

CHAPITRE 10 - Les premiers pas

 

   L'après-midi tirait à sa fin et Lucien était tranquillement installé devant le téléviseur du salon, bien calé dans le fauteuil en train de déguster un gigantesque verre de lait menthe.
                                              
   Chaque mercredi  à la même heure il regardait l'unique émission de la télévision française qui passait quelquefois un ou plusieurs groupes de hard-rock. Il n'allait pas s'en plaindre. L'émission en question était présentée par un animateur que Lucien n'avait jamais vu et qui devait certainement débuter. 

   "... Et maintenant, c'est leur première télé, c'est leur premier disque, c'est du hard-rock, c'est français et ils jouent très fort. Voici le groupe TRUST !!!" C'est çà ce moment précis que le destin de Lucien bascula définitivement.

   La sensation de sentir l'adrénaline monter, les poils de ses bras qui se hérissent sous l'émotion, les pulsations de son coeur qui s'accélèrent, l'hystérie qui grimpe petit à petit, où la folie qui vient frapper à la porte du cerveau. Lucien était hypnotisé par l'écran de télévision, ce qu'il voyait était fou. Un groupe français qui jouait aussi bien que les américains et les anglais. Chose qu'il croyait impossible. Un groupe qui jouait même mieux que KISS, mieux que tous les autres, et en plus un groupe français.

   Le chanteur avait un look bizarre, mi punk, mi hard, les cheveux courts coupés en brosse, un perfecto, le tout sur un air méchant, celui du type qui n'est pas content du tout et les paroles étaient en français et le tout sonnait génialement bien. Les autres avaient les cheveux longs, des dégaines pas possibles et couraient dans tous les sens. Visiblement le réalisateur de l'émission ne devait pas être à la fête.   

   Cela était donc possible. Les français pouvaient faire aussi bien. Une chose pour qui au yeux de Lucien avait toujours été irréalisable. Cela faisait au moins deux minutes que le groupe avait quitté le plateau et Lucien ne bougeait toujours pas, la bouche bée, le verre de lait menthe resté en panne entre sa bouche et la table du salon.

   Ce fut le bruit de la sonnette qui le fit revenir à la réalité. Il se leva dans un geste brusque et faillit renverser son verre. Il regarda à la fenêtre et aperçu Laurent, son frère Sylvain et Franck.

   Il descendit l'escalier et rejoignit les autres.

« T'as vu l'émission ? » Demanda Franck, alors qu'il n'était même pas arrivé à la grille. Franck était tout excité, et Laurent était dans le même état que lui.

« T'as vu Trust ?! » répéta Laurent à son tour.

« Tu m'étonnes que je les ai vu », répondit-il.

« C'est génial ! »

« C'est super ! »

« C'est incroyable, j'ai halluciné ! »
 
   C'était à celui qui userait le plus de superlatifs pour exprimer ce qu'il avait vu. Soudain Lucien regarda gravement les trois autres.  

   « Les mecs, c'est ça qu'il faut qu'on fasse ! »

   Laurent, Franck et Sylvain le fixèrent du même regard incrédule.

   Il poursuivit : « Les mecs, je vous dit que c'est çà qu'il faut qu'on fasse. Si eux ont pu le faire y'a pas de raison que nous on n'y arrive pas ! »

   Les autres restaient silencieux mais ils écoutaient, et chaque mot que Lucien prononçait rentrait dans leur cerveau et prenait place, lentement. Lucien, lui, comprit qu'il devait trouver les mots justes. Si jamais il avait un don, le moment était venu de l'utiliser.

   « Vous avez entendu ce groupe, ils ont montré qu'on pouvait le faire. Au lieu d'avoir une vie de naze , un boulot à la con et une vie bien pépère, on sort du moule et on fait ça. Imaginez, les filles, les concerts, la gloire, vous vous rendez compte, on peut devenir des stars... Des putains de Rock stars !!!!! Les bagnoles, les grosses baraques, les canons dans tous les coins. La grande vie. l'Amérique, la Californie, la totale!!!!! »

   A présent ils buvaient ses paroles. L'élixir qu'il leur donnait pénétrait et coulait dans leurs artères comme du miel.

   Lucien était debout devant eux, il parlait fort, avait du mal à contrôler sa propre excitation. Il avait raison, il était certain d'avoir raison. C'était écrit, ils allaient devenir quelque chose de grand, quelque chose de très grand. Il était venue sur terre pour ça et ses copains aussi. Tout était calculé depuis leur naissance. Il n'y avait plus de doute là dessus, et plus Lucien parlait, plus ils en étaient sur, en fin de compte ils l'avaient toujours su. Mais aujourd'hui Lucien avait trouvé la clé et le déclic avait été déclenché par ce que chacun avait vu sur l'écran de leur télé. La découverte de KISS avait été l'allumage et celle de TRUST était le démarrage.

   « Les mecs, il faut absolument qu'on s'achète du matos, des amplis, des guitares et tout le reste! » La guerre commençait, la guerre du son.

   « Moi, j'ai du fric. Deux mille balles », lâcha soudain Laurent.

   « Moi aussi j'ai de la tune, pas beaucoup mais assez pour acheter une guitare et un ampli ! »

   « O.K , ça roule, on a encore le temps de tracer au magasin de musique ! »

   « Ouais, on y va ! » Franck avait presque crié, l'excitation était à son paroxysme.

   « Toi, Vinvin tu rentres à la maison et tu vas me chercher le fric dans ma chambre », lança Laurent à l'adresse de son frère qui, s'il n'avait rien dit depuis le début du prêche n'en était pourtant pas moins convaincu. Un seul problème mais de taille. Lui il n'avait pas assez d'argent pour se payer une guitare.

   « Ouais, c'est pas juste », dit-il « vous allez jouer sans moi ».

   « C'est pas de ma faute si t'as pas de fric. De toute façon t'es trop jeune ! »

   Laurent se désolidarisait complètement de son petit frère, il ne pensait plus qu'à se rendre au magasin de musique le plus rapidement possible.

   « Décidément il est toujours aussi rat, même avec son frangin. » pensa Lucien.

   « C'est pas grave on trouvera bien un moyen pour que tu te trouve une gratte, te casses pas! » Dit-il pour le consoler.

   « Ouais », repris Laurent, « t'apprendras avec moi j'te prêterai la mienne ».

    Le visage de Sylvain s'illumina. Lucien en fut surpris et aussi heureux de voir la solidarité triompher, pour la future carrière d'un grand groupe c'était une chose primordiale.

   Deux heures plus tard, deux guitares, un micro, trois amplificateurs sortaient de leurs cartons et se retrouvaient étalés dans la chambre de Lucien. Tout avait été si vite qu'ils n'arrivaient pas encore bien à réaliser qu'ils avaient acheté tout ce matériel. Et secrètement chacun se demandait s'ils n'étaient pas allé un peu trop loin dans le feu de l'action.

   « Bon », dit Laurent en regardant les guitares et les amplis qui remplissaient la chambre. « Maintenant il ne reste plus qu'a apprendre à jouer ! »
  
   Sylvain regardait tout le matériel avec un regard incrédule.

   - « Ouais ! » Répondit Franck en attrapant sa splendide guitare noire. Superbe... Pas chère mais superbe. « Evidemment, elle doit pas sonner aussi bien qu'une vraie Gibson mais pour débuter cela suffira largement ! » Dit-il en regardant Lucien.

   Laurent, s'était déjà saisi de sa guitare et branchait le jack dans l'ampli. Il appuya sur le bouton "on", le voyant rouge s'alluma et les enceintes claquèrent. Il monta alors le bouton du volume de sa guitare. Un léger grésillement se fit entendre, signe que le monstre était prêt.

   Laurent avait lui aussi choisi une guitare imitation Gibson, mais la sienne était couleur blanche ivoire. Avec son pantalon noir et sa veste en cuir noire cela la rendait grandiose. Soudain il frappa les cordes de sa guitare.

   Les trois autres entendirent un son saturée sortir de l'ampli... Un son comme dans les disques.

« Waouh !!!! » cria Laurent.

« Putain ! » siffla Lucien.

« Wouah, le son de la mort ! » S'exclama Franck.

   Sylvain restait toujours silencieux mais cette fois il gobait les mouches. Franck alluma son ampli et le son s'expulsa du haut parleur. Un son méchant. Au bout d'un quart d'heure d'un brouhaha qui aurait paru infernal pour n'importe qui excepté pour eux, on pouvait déjà remarquer que Franck paraissait être celui qui s'en tirait le mieux. Mais dans l'ensemble il y avait du boulot.

   Lucien lui, commençait à brancher son micro. Au dernier moment dans la boutique il avait opté pour le chant car cela semblait beaucoup plus facile que de se prendre la tête avec des cordes et des accords. Chanter devait être beaucoup plus simple. En plus, de la bande il était celui qui parlait le mieux l'Anglais, donc le chanter ne devait pas être beaucoup plus compliqué.

   Mais depuis qu'il avait sorti le micro de sa petite mallette, il ressentait un léger mal de ventre, ses mains étaient moites et il avait la gorge sèche. Son coeur battait trop fort dans sa poitrine. Il allait et venait dans sa chambre, il vérifiait fébrilement le cable, l'ampli, le cable de nouveau, le micro, l'ampli, la fiche jack etc...

   Lucien découvrait ce que voulait dire "Avoir le trac" et c'était une bien étrange sensation. Mais il devait se lancer à son tour comme ses copains. Après tout ils étaient tous des débutants et il ne pouvait pas être pire que les autres. Une cacophonie indescriptible régnait dans la chambre de Lucien qui s'était transformé en salle de répétition. Une salle de répétition qui eut une vie aussi intense que brève car à peine une demi-heure après les débuts des quatre stars en herbes les amplis cessèrent soudain de cracher leurs décibels et Lucien se trouva coupé net en plein hurlement digne des plus grands films d'horreurs.

   « C'est quoi ce plan ? », siffla Laurent en regardant d'un air inquiet son ampli.

   « Attends là... j'hallucine où ça ne marche plus ? » Repris Franck la voix angoissée.

   « Y'a un lézard », dit Lucien en posant son micro.

   « Y'a tout simplement plus d'électricité », s'exclamât Sylvain qui venait d'effectué son retour sur la planète terre.

   Lucien appuya sur l'interrupteur, effectivement il n'y a avait plus de courant. Il descendit alors les escaliers quatre à quatre afin il de savoir de connaître la provenance cette panne qui les privait d'un moment aussi intense. Arrivé dans le salon il appuya sur l'interrupteur. Rien. Le problème venait du compteur électrique, il descendit alors à la cave.

   Lucien faillit percuter son père.
  
   « T'as vu, y'a plus de courant », lui lança t-il sans s'arrêter.

   « Normal... J'ai coupé l'électricité ».

   Lucien ne réalisa pas tout de suite ce que venait de lui dire son père. Il continuait à descendre les marches puis soudain il s'arrêta net.

   « Quoi ?!!! »

   « J'ai coupé le courant. Répéta son père avec un air mi-amusé mi-irrité. »
 
   « Bah pourquoi ? Tu fais des travaux ? »
 
   Son père le regarda avec étonnement.

   « Tu te fous de ma gueule ? » répondit-il, « Tu te rends pas compte du barouf que vous faites la haut. Quand je suis sorti de la voiture j'ai cru qu'il y avait une kermesse quelque part. On vous entend jusqu'au bout de la rue, vous êtes complètement cinglés les mecs. J'ai coupé l'électricité... Comme ça le  problème est réglé.

   Lucien regarda son père avec stupéfaction.

   « J'le crois pas, j'hallucine, t'as coupé l'électricité ??? »

   « Parfaitement et je la couperai à chaque fois que toi et tes indiens ferez un foin  pareil! C'est pas un local de répétition ici et puis je veux pas d'histoires avec les voisins. »

   « Mais...Mais, c'est du sabotage. »

   Lucien allait dire tout le bien qu'il pensait de cette initiative scandaleuse mais il se ravisa soudain. Cela ne servirait qu'a envenimer les choses. Il fit demi tour en haussant les épaules.

   « J'le crois pas » répéta t-il en remontant l'escalier, lentement, l'air abattu. Une fois de retour dans sa chambre il regarda les trois autres qui attendait de sa part quelques explications.

   « Mon père a coupé le courant ! » Lâcha Lucien honteux.

   Les autre le regardaient avec le même regard stupéfait. Lucien dut répéter l'information qui avait visiblement du mal à s'imprimer dans les cerveaux des membres de son groupe.

   « Quoi?! C'est clair... Y'a plus de courant, fini, terminé, on remballe ! »

   « Tu délires ?! »

   « Putain, c'est quand même pas croyable », rugit Lucien, « on n'a à peine commencé à faire un truc qu'on nous casse la baraque ».

   « Avec les parents c'est toujours comme ça », répondit Franck sur un air fataliste.

   « Ouais », repris Laurent, « à chaque fois qu'on a un truc bien ils viennent tout foutre en l'air ».

   « C'est vraiment des lourds ! »  Répliqua Sylvain à son tour
.
   « Bon et maintenant on fait quoi ? »

   Laurent avait posé la question que tout le monde redoutait.

   « C'est pas la peine de penser à répéter chez mes parents on se fera sortir … Et d'une manière beaucoup plus directe », remarqua Laurent.

   « Pareil pour moi... Surtout avec mes frangines et mon petit frère ».

   Lucien soupira, il devait trouver une solution rapidement car après tout il était un peu responsable de cette situation. Il les avait poussé directement à l'achat de tout se matériel, tous avaient dépensé de l'argent et ce n'était pas pour que tout ceci ne serve à rien et s'arrête brutalement, surtout de cette manière là.

   Soudain il se rappela le groupe du frère de Tof. Avec tout le matériel dont ils disposaient il était évident qu'ils devaient répéter dans un local adéquat.

   « Les mecs, pas de panique, j'ai peut-être la solution », dit il soudain après une courte réflexion. « On remballe le matos, en attendant on n'a qu'a s'entraîner chez soi en écoutant des disques ».

   « Ouais, mais c'est beaucoup mieux de répéter ensembles », lui répondit Franck.

   « Ouais, je sais bien, mais flippez pas, je vais trouver un endroit cool pour répéter mais de votre coté cherchez aussi. »

   « Bon on se voit demain même heure », dit Laurent en prenant sa guitare.

   « O. K à demain ! » répondit Lucien.

   Il allait trouver une solution, il fallait qu'il trouve une solution.

   « Alors  comme ça vous avez tous acheté des guitares ? » Lui demanda son père en se saisissant du plat.

   « Bah ouais. Enfin moi j'ai acheté un micro », répondit Lucien un peu timidement.

   « Ahhhh c'est toi le hurleur de la bande ? »

   « Euh bah oui »

   « Ben, on est pas sorti de l'auberge.... Et vous comptez faire quoi avec tout ce matériel ? »

   Lucien haussa les épaules, il savait que derrière cette question volontairement stupide il allait essuyer quelques quolibets. Mais il décida de jouer le jeu et de se mesurer à son père. Sans grande illusion sur le résultat.

   « Bah pour jouer tiens ! »

   « Tsss Tsss, vous savez jouer vous? D'après ce que j'ai entendu vous avez encore du boulot les gars ! »

   Sa mère émit un petit rire.

   « Ben quoi, ils faut bien qu'ils apprennent », répliqua Karine.

   Lucien ressentit un petit réconfort de voir sa sœur le soutenir ainsi.

   « Ben voyons, c'est à ton frère que je parle! » lui répondit son père.

   « Ouais voilà, à chaque fois que je dis un truc c'est comme ça ».

   Un vent de rébellion se levait soudain dans la cuisine familiale. La contestation se faisait plus incisive dans le clan des juniors.

   « Ouais, vous verrez quand on saura jouer on sera des stars et on sera plus connus que les BEATLES », reprit Lucien la tête haute.

   « Bien sur, bien sur », lui dit son père en lui tapotant l'épaule.

   « Marrez vous, vous verrez bien ! »

   Soudain son père redevint sérieux, « Et t'as claqué toutes tes économies pour être une star, eh bien je suis fier que l'on ai une star à table ! »

   A nouveau le petit rire de sa mère faillit lui fit perdre ses nerfs.

   « Ecoutes ! » dit son père; « des types comme vous qui veulent devenir... "des Stars", il y en a des milliers, et sur ces milliers il y en a seulement quelques uns qui réussissent. C'est pas un métier ! »
 
   « Voilà...!!! c'est pas un métier...La phrase classique... Et bosser toute sa vie pour un boulot de naze tu crois que c'est mieux ? » Il ne laissa pas le temps à son père de lui répondre, il poursuivit. « Tu vas bosser tous les jours, tu prends le métro, tu perds tes nerfs dans ta voiture, tu rentres le soir t'es mort et tu fais ça jusqu'à la retraite... Si tu y arrive.Moi c'est pas ça que je veux ! »

   « Allez arrêtes ! » lui répondit son père, « tu sais pas de quoi tu parles, tu verras quand tu auras une femme et des gosses et que tu devras gagner ta croûte ».

   « Voilà, ça c'est la société qui fabrique le moule et je rentrerai pas dedans. En plus je me marierai jamais! »
 
   « Allez... Je discute plus avec toi... C'est pas la peine. En tout cas, » reprit-il, « si tu recommences à nous casser les oreilles tu sais ce qui arrivera ».

   « Oh que oui', siffla Lucien, « bonjour la liberté d'expression ! »

   « Tu ferais mieux de réviser au lieu de perdre ton temps avec ces imbécillités ».

   « Si tu continues on va te supprimer la musique tu vas voir ! »
 
   La mère de Lucien avait lancé cette menace suprême pour clore la discussion, mais Lucien savait que cette menace ne serait jamais mise à exécution. Mais il devait répondre.

   « Ah ouais !? sans électricité je vois pas comment je pourrai même écouter des disques ! »

   « Tais toi ! »
 
   Il se tut, mais il était fier d'avoir tenu tête. Sa sœur lui lança un regard complice. Le front du refus était né.

   Une semaine plus tard le problème du local de répétition restait entier. Certes Lucien, dès le lendemain du "sabotage", avait consulté Tof et surtout son frère Stéphane afin d'obtenir un tuyau quelconque. Son frère avait écouté avec un air grave et compréhensif en plaquant quelques accords sur sa guitare acoustique tout en fumant une cigarette.

   « Ecoutes mec, tu traces à la mairie et tu leur demande une salle ! » Avait-il lâché dans un nuage de fumée. Le shaman avait parlé.

   Fort de ce précieux conseil Lucien s'était donc rendu à la Mairie. On l'informa que la Maison des Jeunes disposait de locaux de répétitions mais que tous étaient occupés. On lui avait alors proposé de s'inscrire sur la liste d'attente. La situation n'était guère encourageante mais malgré cela ils apprenaient chacun de leur coté à jouer de leur instrument en s'exerçant sur leurs disques préférés.

   Après avoir tâtonné quelques minutes Franck eut un grognement de satisfaction il venait de trouver le refrain d'un de ses morceaux de Kiss préféré. Ensuite presque immédiatement il trouva le couplet, puis le pont. Une heure plus tard il jouait le morceau dans son intégralité.

   Finalement c'est vachement facile! S'écria t-il.

   Une semaine plus tard il savait jouer une demi douzaine de titres de Kiss deux titres d' ac/dc et un titre de Trust. 

   Laurent et Sylvain apprenaient ensembles et là aussi les progrès étaient sensibles. Sylvain semblait même montrer plus de dispositions que son grand-frère.

   Lucien, lui, se déchirait la voix tous les soirs sans utiliser son micro. Premièrement. En procédant ainsi son père ne pouvait rien, excepter lui couper la langue. Deuxièmement. S'il voulait avoir du coffre et une voix solide il devait apprendre sans effet ni aucun autre artifice.
 
   C'est pourquoi, malgré le manque de local de répétition, le moral de la bande était au beau fixe. Ils progressaient et leur motivation n'avait pas décliné depuis le jour où ils avaient fait leur descente dans le magasin de musique.

 

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