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Chapitre 9 - Nouvelles têtes

CHAPITRE 9 -  Nouvelles têtes


   Le jour de la Rentrée scolaire était arrivé. Lucien l'abordait avec résignation. L'importance de cette année de travail ne le mobilisait guère. Pour tout dire c'était le cadet de ses soucis. Pour l'instant son unique intérêt résidait dans l'observation de la gent féminine qui allait égayer son année scolaire.

   "Celle-ci, c'est une naze...Celle-ci... Boudin. ha! Une autre... Pas mieux...Celle-là... Ouais pas mal".

   "Putain le mec! avec tous les boutons qu'il a sur la tronche on dirait un ordinateur!"

   Manifestement la représentation scolaire qu'il avait sous les yeux comportait du bon  mais aussi beaucoup de mauvais.
Il se tenait debout, bien droit dans la minuscule cour, un jean bien moulant, une veste de velours avec deux badges, Kiss et Ac/dc plus un tee-shirt du même groupe. Une paire de baskets flambant neuves. Lucien savait qu'il tapait la grosse classe.

   - "Putain... Un fan d'ac/dc, j'le crois pas !"

   Lucien se retournât et vis un type avec une moustache, à peu près habillé à l'identique qui se dirigeait droit vers lui l'air ravi.

   - "Salut... T'es un fan des frères Young ?"

   - "Ah ouais, j'aime bien", répondit Lucien en regardant son interlocuteur avec curiosité.

   - "Tu vas aller à leur concert ?" poursuivit l'autre.

   - "Ouais".

   - "Moi c'est Tof et toi ?"

   - "Kiss".

   - "Quoi ?"

   - "Kiss !!!"

   - "C'est le nom du groupe de hard américain... Ceux qui sont maquillés !"

    - "On m'appelle comme ça parce que je suis un fan de KISS".

   Tof regardait avec de grands yeux le grand échalas qui le toisait ironiquement.

   - "Ouais, ben j'ai l'impression que cette année ça va pas être triste".

   - "Hé, t'en a trouvé un qui a l'air aussi fêlé que toi".

   Lucien se retourna d'où venait la voix, un petit groupe qui venait à leur rencontre.

   "Ca c'est le clan des fouteurs de merde, c'est inné chez moi, je retrouve toujours ma famille sans le faire exprès" se dit Lucien. Une classe se divise toujours en plusieurs groupes, c'est comme une sorte de miroir reflétant la société. Il y a le groupe des sérieux, pour qui, seul compte les études. Ensuite il y a le groupe de ceux qui sont là sans être là, on ne les remarque jamais parce qu'ils sont d'une discrétion naturelle. Vous avez ensuite le groupe des souffre douleurs, en général composé de deux à quatre individus, ceux qui se font chambrer par tout le monde soit à cause d'un défaut physique où par un manque d'autorité, ou pire lorsque ce sont les deux à la fois. Il y a le clan des durs c'est-à-dire les bagarreurs et enfin celui des déconneurs, ceux qui ne ratent pas une vanne et qui sont souvent en guerre ouverte avec le clan des durs pour la domination de la classe.

   Cette année Lucien avait déjà décidé être l'un des chef sinon le chef de  la caste des déconneurs. La sonnerie retentit et tout les élèves pénétrèrent dans l'établissement. Une fois assis Lucien eut alors le temps de bien observer celles et ceux qui allaient cohabiter avec lui pendant toute l'année.

   Coté filles, il en avait déjà repérer six. Mais seulement cinq avaient l'air de mériter une approche. Par contre les garçons étaient de loin supérieurs en nombre et de ce coté ci Lucien était servi, il y avait là de quoi monter une fine équipe.

   Le regard de Lucien fut attiré à l'autre extrémité de la classe par un type qui se tenait assis au premier rang. Il avait les bras croisé, il portait une paire de lunettes, il avait un air sérieux et grave. Mais il y avait quelque chose qui clochait dans son regard.

   "Lui, il a l'air bien trop sérieux pour être honnête" pensa Lucien. 

   Sa première impression était la bonne car après les deux premières heures de cours d'un ennui mortel passé à remplir de petites fiches vint le moment de la pause. Lucien sortit de la classe avec soulagement  afin de savourer les derniers chauds rayons du soleil d'été quand le type qu'il avait repéré tout à l'heure vint à sa rencontre.

   - "Hé!  Tu sais où l'on bouffe ? J'ai pas vu la cantine" demanda t-il.
   
   - "T'es nouveau toi" demanda Lucien.

   - "Ouais", repris l'autre.

   - "La cantine c'est le truc pourri qu'il y a là-bas", répondit-il en désignant un bâtiment.

   - "Ah ouais... Et c'est bon ?"

   - "j'en sais rien".

   En répondant Lucien observait celui qui se tenait face à lui, dans la classe il n'avait pas vu ses grosse bottes de motard ni remarqué l'épaisseur de sa veste.

   - "T'as une bécane ?" demanda t-il.

   - "Ouais c'est la 125 qui est là-bas".

   Lucien acquiesça.

   - "Dis donc", repris l'autre , "y'a de drôles de tronches dans ce bahut".

   - "Ha ha ! Tu m'étonnes, je dois avouer que cette année on fait très fort", répondit Lucien.

   Une sympathie naturelle s'établit presque immédiatement  avec son interlocuteur et cela semblait réciproque.

   - "T'étais où avant d'arriver là ?" 

   - "A Detrelle !" Répondit Lucien.

   - "C'est pas vrai", répliqua l'autre sur un ton de surprise, "mais moi aussi j'y étais".

   - "Quand ?"

   - "Y'a deux ans, ensuite je suis allé à Enghien".

   - "Arrête tes conneries, j'y étais y'a deux ans", répondit Lucien avec un étonnement grandissant.

   Ils se regardèrent comme deux anciens combattants ayant arpentés les mêmes champs de batailles.

   - "Putain, j'le crois pas on est allé aux mêmes endroits mais chacun avant l'autre. C'est dingue !"

   Voilà qui fournissait un solide point commun entre les deux lurons. Cela signifiait que l'un comme l'autre ils avaient été incapables de rester deux années scolaires de suite dans le même établissement.

   - "C'est quoi ton prénom ?" Demanda alors Lucien.
 
   - "Patrice !"

   - "Moi c'est Kiss". Et il répéta la même explication qu'il avait donné auparavant à ce "Tof".  'Sinon je m'appelle Lucien. Tu peux aussi m'appeler Lulu , tu vois, t'as le choix! A ce moment Tof apparu accompagné de son groupe de copains.

   - "Alors "Kiss" ça roule depuis ce matin, t'as vu tous les supers canons !?"

   - "Genre boudin infâme c'est sur que c'est le top", répliqua Lucien.

   Patrice émit un petit ricanement moqueur. La bande de l'année était sur les rails.

   - "Salut, moi c'est Dédé" lui dit un type qui avait les cheveux blonds et bouclés.

   - "Pascal", lui dit un autre type avec un air bizarre en lui tendant la main.

   - "Moi c'est Nono", salut!

   Lucien et Patrice faisait la jonction avec le gang des branleurs et ça allait faire très mal.

   - "Bienvenue au club !" Lança celui que l'on dénommait Dédé.

   Une telle association ne prend pas tout de suite sa vitesse de croisière. Il faut quelques temps pour s'apercevoir de la personnalité de chacun. Les défauts, les qualités, les bonnes complicités entre untel et untel. A quel moment il faut être deux ou trois où bien tout le groupe sur un coup. Tout cela représente une forme d'art hélas non reconnu par l'éducation nationale. C'est ainsi qu'au bout de quelques jours la bande savait déjà gérer son potentiel de perturbateur de classe.

   Auparavant chaque professeur avait été "testé". Ainsi si les premiers cours avaient été relativement calmes, c'était uniquement dans le but d'observer les défauts et les vices de chaque élément du corps enseignant. Ensuite on établissait une sorte d'inventaire dans lequel chacun allait pouvoir puiser à volonté pendant toute l'année à venir. Ils s'étaient laissé un espace pour que tout le monde dans la bande puisse mener le  show. Chacun avait un style particulier qui s'accordait avec tel ou tel professeur. C'est de cette manière que Lucien avait remarqué que le matin était plus dans les cordes de Tof et Dédé, ensuite Pascal suivait. L'après-midi était plutôt géré par Patrice avec des "Foutages de gueules" d'autres membres de la classe, chose que faisait très bien Tof également.

   Les filles non plus n'étaient pas épargnées, et les blagues et jeux de bons mots plus où  moins salaces n'étaient jamais oubliés. Bref au bout du premier trimestre, ceux qui arrivaient à suivre le programme correctement se comptaient sur les doigts d'une main. Lucien et tous les autres avaient décroché dès le premier mois. Après les cours quand il rentrait à la maison il filait dans sa chambre pour écouter ses disques.

   Chaque matin avant de repartir aux cours il s'envoyait encore une bonne dose de décibels pendant un bon quart d'heure afin d'entamer la journée sur de bonnes bases.

   A la fin du deuxième trimestre, Pat, Nono, Pascal et Lucien squattaient les toilettes désaffectées du centre commercial le plus proche. Au menu, pâté, jambon, chips et whisky. La cantine de lycée avait été "effacée" de leur mémoire après un unique repas. Les journées se terminaient désormais chez Tof où toute la bande organisait des parties de risk, arrosées de Ricard ou de whisky. Lucien et Pat étaient devenus inséparables et se prenaient des crises de fou rires générés par tout et rien à la fois. Bref tout ceci était devenu un bordel généralisé arrosé d'alcool et de musique. C'est au cours de l'une de ces fins de journées passé chez Tof que celui-ci fit monté Pat et Lucien dans sa chambre afin de "leur faire écouter un truc".

   Tof partageait sa chambre avec son frère et sur les murs de celle-ci s'étalaient des tas de posters. On ne voyait même plus le papier peint. Même le plafond en était recouvert. Evidemment tous ces posters représentaient des groupes de hard-rock, sur scène, en studio, chez eux, dans des soirées. La collection était impressionnante, et Lucien manifestait d'un air de connaisseur un réel intérêt pour toutes ces images. Il y avait même des groupes dont il n'avait jamais entendu parler.

   Tof glissa une cassette dans le chargeur du magnétophone. Peu après un hard-rock sauvage envahissait la pièce. Pat et Lucien écoutèrent religieusement cette "offrande".

   - "C'est pas mal ça, qui c'est ?" Demanda Lucien réellement impressionné.

   - "C'est le groupe à mon frangin! Ils viennent d'enregistrer une maquette pour les maisons de disques !" répondit-il avec fierté.

   - "C'est vraiment bien", répliqua Pat,"mais on entend pas le chanteur".

   - "Bah ouais, c'est ça le problème, ils en cherche un depuis des mois".

   - "Vraiment ça tue", répéta Lucien.

   - "Ils donnent un concert à la M.J.C D'Epinay la semaine prochaine, si ça vous branche on n'a qu'a y aller tous ensembles", repris Tof.

   - "Tu m'étonnes, ça serait génial", répondit Lucien avec enthousiasme.

   - "Ouais", repris Patrice!

   La fin de la journée arrivait et il était temps de penser au retour.

   - "Bon aller je rentre", dit Lucien, "salut les nazes !"

   - "Attends j'te ramène en bécane j'ai un casque pour toi", lui dit Patrice.

   Lucien n'était jamais monté sur une moto, car pour lui une 125 c'était une vraie moto, pas le Cady tout pourri de son grand père sur lequel il faisait le tour du pâté de maison quand il était plus jeune. Une 125 c'était autre chose.

   - "...Ouais...Si tu veux", répondit Lucien malgré son appréhension. Mais comment pouvait il faire autrement. Il allait pas se mettre à genou en implorant "Pitié je ne    suis jamais  monté sur une moto, j'ai peur!". Il prit le casque que lui tendait Patrice et grimpa sur la selle derrière lui.

   - "Accroche toi bien au porte bagage ça va tracer !"

   - "Ouais bah cool hein, y'a pas le feu" lui répondit Lucien cette fois avec une inquiétude non dissimulée. Patrice démarra la 125.

   - "C'est parti", lança Patrice, au même moment Lucien faillit tomber de la moto sous la poussée de celle-ci. "Il a dit s'accrocher au porte bagage". Une fois la surprise et l'anxiété passée, il avait compris l'essentiel: se pencher du coté où penche la moto et non le contraire, et surtout bien se cramponner. Une fois cela bien assimilé c'était génial.

   Ils filaient sur les avenues à toute allure et Lucien riait, la vitesse le grisait et il  comprit pourquoi beaucoup de jeunes de son âge étaient des dingues de la moto. Ils se faufilaient entre les voitures, puis repartaient encore plus vite, à chaque fois l'accélération procurait une impression de puissance. Lucien y trouva un peu la même sensation que d'écouter un bon disque où les solos et la rythmique des guitares déboulent à fond et encore plus vite, toujours plus vite. Le rock et la moto, comment ces deux choses ne pouvaient être autrement que complémentaires.

   La moto s'immobilisa devant la grille de chez Lucien.

   - "Ouah, super cool, merci", dit Lucien à Patrice en lui tendant le casque.   

   - "Garde le, il ne sert à personne, comme ça on risquera rien avec les flics".

   - "O.K. Alors salut et à demain Pat !"

   - "Salut Lulu !" Il enclencha la première et disparu en un instant.

   Lucien remarqua qu'il l'avait appelé "Pat".  Marrant.

   Il montait lentement l'escalier, sa mère était dans la cuisine et préparait le dîner. Son père était dans le salon, assis dans son fauteuil en train de lire un magasine. Celui-ci le regarda passer dans la pièce, passage obligé pour se rendre dans sa chambre.

   - "C'est quoi ça ?"

   Lucien s'attendait à la question. En traversant le salon avec un casque intégral à la main, son père allait certainement vouloir en connaître la provenance. 

   - "Hein ?"

   - "T'as très bien entendu !"

   - "Ben...C'est un casque".

   - "J'vois bien que c'est un casque, c'est pas une cocotte minute que tu trimballes".

   Lucien décida de ne pas jouer au plus fin.

   - "C'est à Patrice, un pote de l'école, il m'a ramené avec sa bécane et j'ai gardé le casque".

   - "Il a quoi comme moto ?" lui demanda son père sur un ton vaguement inquiet.

   - "Une 125, je sais plus quelle marque".

   - "Ouais...Allez pas vous foutre en l'air avec ces engins, c'est pas comme une voiture, y'a pas de carrosserie. La carrosserie c'est vous. Alors faites pas les cons".

   -" Pas de problème, il assure bien, c'est pas un dingue !"

   Il pensa que si son père les avait vu slalomer dans les rues il se serait prit une bonne paire de baffes.

   - "Ouais, bah faites gaffe quand même".

   Il reprit la lecture de son magasine et Lucien monta sans perdre un instant.
 
   - "On passe à table dans une demi-heure !" Lança sa mère.

   Lucien grimpa les escaliers de sa chambre, cela correspondait à la face d'un disque.

    - "Et tes devoirs", cria son père.

    - "J'en ai pas !" Et ça,  ce n'était pas un mensonge.

 

   - "Salut Lulu !"

   Lucien et Patrice étaient assis sur le trottoir quand Laurent déboucha du coin de la  rue.

   - "Salut", lui répondit Lucien," je croyais que t'étais mort".

   - "Pfff, c'est les cours, les profs nous donnent vachement de travail à faire, ils veulent bien nous préparer pour le bac de Français et si tu rajoutes toutes les autres matières on croule sous les devoirs".

   - "Ca, c'est pas à nous que ça arrivera", repris Lucien en riant.

   Patrice eut un petit sourire pincé, signe d'acquiescement.

   - "Je te présente Pat. Pat je te présente Laurent".

   - "Salut !"
 
   - "Salut".

   - "C'est un pote de ma classe, avec lui on s'éclate à mort !"
 
   - "C'est bien... Vous êtes deux déconneurs, alors ?"

   Lucien n'aimait pas ce genre de réplique, il ne savait que trop bien que ce "test" servait à doser le niveau du nouveau venu.

   - "Ouais, il parait", répondit Pat en regardant Laurent avec son air pince sans rire et son regard "cause toujours" à travers ses lunettes.

   Lucien fut surpris et amusé de la répartie de Pat. Cette fois-ci Laurent allait tomber sur un os. Celui-ci ne montra aucune réaction.  

   - "Ah ah, je vois que j'ai affaire à un marrant", répondit-il enfin.

   - "C'est justement ce que je te disais", répondis Lucien hilare, "on est des marrants nous !"

   - "Ouais, c'est ce que je vois, je suis mort de rire".

   Lucien et Pat eux riaient franchement, ils se trouvaient irrésistibles. Laurent jugea que le moment n'était pas encore venu pour une embrouille et décida de calmer le jeu.

   - "Alors", dit-il en s'asseyant à coté de Pat, "c'est comment chez vous, vous vous  marrez si j'ai bien compris ?"

   Lucien et Pat racontèrent à tour de rôle les " Best of " depuis le premier jour de classe jusqu'à aujourd'hui.

   - "...Et Franck, tu le vois ?" demanda Lucien

   Laurent tourna la tête en désignant l'entrée de la rue.

   - "Quand on parle du loup....!"

   Franck arrivait à son tour dans la rue avec sa démarche tranquille et lente.

   - "Tiens!" Lança celui-ci. "Y'avait longtemps!"

   Une heure plus tard, toujours assis sur le trottoir, ils poursuivaient la conversation.

  - "Au fait les mecs", lança soudain Lucien, "le week-end c'est pas pour les chiens, vous pouvez pas lâcher un peu vos bouquins?!  Depuis la rentrée on s'est pratiquement pas vu".
 
   - "Ouais, t'es marrant toi, dans ton bahut vous faites les cons depuis la rentrée, dans le mien on bosse", répondit Laurent avec véhémence.

   - "Ouais, dans le mien on bosse aussi, bon c'est plus la zone qu'ailleurs, mais on bosse quand même", rajouta Franck.

   - "O.K. O.K.!" Répondit Lucien sèchement," bossez, si vous voulez vous pourrir vos week-ends après tout c'est votre problème!"

- Bon, dit-il en se levant, vous faites ce que vous voulez Je veux pas passer pour le mec à qui c'est la faute si vous foirez vos études. Vos parents seraient trop heureux de me coller ça sur le dos en cas de pépin.
Pat se leva à son tour suivi des deux autres, qui, surpris, le virent sortir sa 125 de la petite cour.
- Tiens t'as une bécane lança Laurent d'un air curieux.
- Comme tu vois, répondit Pat en souriant.
- Ouais, c'est cool, repris Lucien, on trace à mort dans Enghien, c'est du délire!
Il en rajoutait une couche volontairement histoire de bien enfoncer le clou pour les deux autres.
- Bon bah, salut tout le monde, à la prochaine!
- salut Pat, à demain!
Il donna un vigoureux coup de pied sur le démarreur et le moteur de la moto rugit.
- Salut, lança-t-il à l'adresse des deux autres.
- Salut! Répondirent ils d'une même voix monotone..

Le Samedi suivant Franck, Laurent , Lucien, Pat et tous les autres assistaient au concert du groupe du frangin à Tof à la M.J.C d'Epinay.
Le sermon de Lucien avait porté ses fruits.
L'ambiance était décontractée, Tous les spectateurs étaient assis par terre et discutaient gaiement. 
- Putain, les mecs, j'ai une cote monstrueuse avec une  nana dans ma classe, c'est un canon, j'ai jamais vu une fille aussi bonne!
Franck était une fois de plus dans tous ses états et n'avait cure d'étaler ses pulsions sexuelles à des gens qu'ils ne connaissaient que depuis une heure.
 - Arrête, repris Laurent, dans ma classe y'a une fille à qui tu ne peux rien comparer tellement elle est canon
- Ah ouais...Et comment s'appelle t-elle? Demanda Lucien.
- Yasmina!
- Yasmina??!!... Mais c'est une reubeu ?! s'exclama Pascal avec étonnement.
- Et alors, t'es raciste ? Répliqua Laurent sèchement.
- C'est pas ça, lui répondit pascal en riant, c'est les frangins, mec, si tu sors avec une reubeu, t'auras intérêt à courir très vite.
- Ouais, acquiesça gravement Dédé. 
- Ah les reubeus !! soupira Lucien... Quelle bande de lourds.
- Ouais, j'espère qu'ils seront pas au programme de ce soir, remarqua Pat.
- Nan, pas de danger répondit Tof, y'a des boums dans le quartier ce soir, ils vont foutre le souk dans ces trucs là. Pour eux c'est plus rentable.
Soudain les lumières s'éteignirent, la salle cria et le groupe fit son entrée sur la scène en démarrant directement sur un morceau d'ac/dc.  
Lucien prit une claque, eux un groupe de hard-rock d'Epinay sur Seine, des types qu'ils avaient croisés chez Tof quelquefois au hasard d'une partie de risk. Ils les voyaient dans la lumière, des vrais lumières de scène, et la sono, une véritable sono qui donnait vraiment une puissance sonore adéquat, et la musique qui était joué comme... comme des pros.
La salle répondait au quart de tour, le concert tenait bien la route et les musiciens
disposaient d'un talent certain. Lucien resta silencieux durant tout le set. 
Le Lundi matin ils en parlaient encore, et le Lundi soir encore, et encore avec Franck et Laurent dans sa chambre.
Oublié les études, le clan était de nouveau réuni.

 

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