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Chapitre 6 - Embrouilles et amitiés


CHAPITRE 6  - Embrouilles et amitiés

 

   Un mois, cela faisait déjà un mois que Lucien était de retour à Arès. Décidément, le temps défilait bien trop rapidement lorsque l'on était en vacances. D'un autre coté il ne l'avait pas perdu. 
    
   Dès son arrivée il avait constaté qu'une salle de jeux avait vu le jour sur la place face la plage. Une situation idéale. La salle était pourvue de plusieurs baby-foot ainsi qu'une rangée impressionnante de flippers. Juste à coté se tenait une buvette et un marchand de glace. Mais ce qui avait rendu Lucien encore plus euphorique ce fut lorsqu’il constata que la salle de jeu était équipé d'un super juke-box. Et dans ce juke-box figurait deux quarante-cinq tours de KISS.

   Sur le coup il n'en avait pas cru ses yeux. KISS, ici ? Dans ce bled paumé c'était tout simplement incroyable.   

   La salle de jeux était l'endroit idéal pour faire de nouvelles connaissances car il était devenu le principal lieu de rendez vous pour tous les jeunes des environs. Et justement Lucien avait tiré tous les avantages de l'endroit.     

   Aujourd'hui, il faisait partie d'une bande composée d'une vingtaine d'individus, garçons et filles. Même s'il éprouvait une certaine antipathie envers les garçons de la région il entretenait néanmoins des relations amicales mais réservées pour certains et franchement joviales pour d'autres.  

   Par contre au niveau des filles la situation était différente, il ne demandait qu'à s'entendre avec toutes celles qui passaient dans les environs.

   En fait deux semaines après son arrivée deux clans s'étaient plus où moins formés.

   D'un coté le clan des cheveux longs, blousons en cuir, autochtones et vacanciers en majorité parisiens. De l'autre tous les "Discos" du coin. Pantalons à pinces, ceinture ajustée sur polo rayée, la panoplie du funky disco man...Une anomalie quoi.

   Les deux tribus variaient en nombre en fonction des départs et arrivées des vacanciers ce qui faisait qu'au début des vacances chaque jour qui passait voyait l'arrivée de nouvelles têtes.

   Lucien lui, avait naturellement pris un ascendant sur tous les membres de sa tribu et jouissait d'un statut de chef qu'il savourait. Et depuis le premier juillet la salle de jeux se tapait plusieurs fois par jour du KISS pour le plaisir des uns et l'exaspération des autres.

   Lucien, qui avait trouvé où se trouvait le bouton du volume sur la machine s'était  rendu personnellement tout au bout de la jetée après avoir glissé une pièce dans le juke-box pour s'assurer que l'on entendait bien la musique jusque là-bas.  
  
   Avec quelques conquêtes féminines à son bilan, il bénéficiait d'une bonne réputation à ce niveau là. Bref il avait la cote, il était reconnu et suprême récompense ses amis comme ses ennemis lui avait donné un surnom. Un surnom dont il était fier.
K
   "Kiss"on l'appelait Kiss". Ils l'avait tous dénommé ainsi à cause du badge qu'il portait toujours sur son blouson. Un badge sur fond noir avec le logo du groupe gravé dans le métal. Ainsi quand quelqu'un arrivait et ne le connaissait pas il était rapidement identifiable grâce à son badge.

   Voila comment s'était déroulé le mois de juillet. Un mois royal mais qui était passé trop vite.

   Lucien squattait la salle de jeux du matin au soir toujours entouré d'une cours de courtisans. Bruno, Marc, Pascal et "Le chinois" faisaient partie de sa garde rapprochée. "Le chinois" était un garçon un peu plus âgé que lui qui était plus ou moins le chef des jeunes du coin. Il jouissait d'une réelle autorité sur ceux-ci et, étant le plus vieux, il était le seul à posséder une voiture, le rendant de ce fait encore plus incontournable.

   C'était un type d'une vingtaine d'années assez trapu, contrairement aux autres garçons. il avait les cheveux longs décolorés et bouclées, ses deux oreilles percées et ses yeux plissées lui donnait un air oriental d'où le surnom que lui avait attribué ceux qui le connaissait. Pour Lucien il était la garantie de sa tranquillité car il était assez jovial envers lui et très sympathique, garantissant ainsi la paix entre les deux bandes.

   Bruno, marc et pascal, eux venaient de la banlieue parisienne, ils écoutaient du rock et étaient par la même de grands amateurs de KISS ainsi que de VAN HALEN. Lucien avait apprécié à leur juste valeur ces nouveaux amis.   

   Bruno était toujours vêtu d'une veste en cuir, il portait lui aussi les cheveux longs blonds et bouclés et était majeur depuis le mois dernier. Marc, lui avait dix-neuf ans et, possédait lui aussi une voiture. C'était une 4L pourrie mais encore en état de rouler, donnant ainsi la sécurité à Lucien de pouvoir disposer d'au moins deux voitures.

   Pascal avait lui aussi les cheveux longs mais bruns, il était arrivé avec ses parents, qui avaient laissé à leur fils le soin de faire ce qu'il voulait durant leur séjour "du moment qui leur foutait la paix". Il était lui aussi vêtu tout comme Lucien d'un blouson de cuir qu'il ne quittait jamais quel que soit le temps qu'il faisait. 

   Les cheveux longs , une allure marginale par rapport aux garçons du coin, des voitures, tout cela leur donnait un avantage certain envers les filles, qu'elles soient de la région ou bien d'ailleurs. Elles représentaient le principal risque de conflit entre les deux bandes car depuis le début des vacances Lucien et ses amis ne laissaient rien aux "locaux". C'est pourquoi en toute logique et malgré les efforts du "chinois" la situation entre les deux tribus se mit à se dégrader sérieusement.

   C'était le dernier jour du mois de juillet, une journée ensoleillée, la plage était remplie de la cohorte des derniers vacanciers de juillet et des premiers aoûtiens. Lucien, Marc, Pascal et le chinois étaient tranquillement assis à une table de la buvette. Il était deux heures de l'après-midi et le soleil tapait dur.

   - "Hey Kiss !" s'exclama Marc, "t'es au courant que ce soir c'est la fête de l'huître à Claouey ?".

   - "Ouais j'ai vu les affiches sur la route", répondit Lucien.

  - "Et c'est quoi la fête de l'huître ?" demanda Pascal.

   - "Quel gros nul !" répliqua "Le chinois" avec son accent bordelais. "La fête du l'huître c'est une fête où l'on déguste les différentes huîtres du bassin d'Arcachon, le tout accompagné de toutes sortes de vins. Il y a des stands de plusieurs vignobles et aussi des attractions et des jeux. Le tout dure pendant trois jours, pour ce qui est de la fête de  Claouey elle dure cinq jours. T'as un bal tous les soirs et un putain de feu d'artifice le dernier soir, con ! et en plus t'as des fêtes de l’huître pendant tout l'été sur tout le bassin !".

   Lucien acquiesçât. il venait ici depuis assez longtemps pour savoir tout cela.

   - "Ah ouais, j'parie que tout le monde doit être complètement bourré", s'exclama Pascal.

   - "Tu m'étonnes con !" répondit le chinois.

   - "Et je parie qu'il y a plein de nanas !" dit Marc.  

   - "Alors là si tu veux, c'est simple y'en a partout. Con !"

   - "Bon !" Lança Lucien, "il semble évident qu'on va y aller, on peut pas rater ça".

   Il se leva et glissa une pièce dans le juke-box, quelques instants après la salle de jeux baignait dans les décibels.  

   - "Tu y vas ?" Demanda Lucien au chinois.

   - "Bien sur, con... Avec tous les autres on y va tous les ans !".

   - "Hé! Kiss, y'a pas de problème on prendra ma caisse", dit Marc.

   - "Bon d'accord on se file rancard à 11 heures ce soir ici et on démarre", décida Lucien.

   - "Et les autres ?" demanda Pascal.

   - "Les autres ils se démerdent pour y aller ! On peut pas trimbaler tout le monde dans la quatre L, et puis je pense pas qu'il faut y aller trop nombreux, si on veut des filles on peut pas se permettre, cela serait "mission impossible"".

   La remarque avait fait mouche. Personne ne contestât cette évidence. Et Lucien se garda bien de donner ce conseil au chinois, après tout s'il voulait y aller avec toute sa clique pour se battre au lieu de draguer c'était son problème.   

   Une demi heure plus tard, mobylettes, vélos et voitures avaient envahis le petit parking de la salle de jeux. 

   Lucien attendait que ses grands-parents aillent se coucher. Il était vingt deux heures trente cinq. Le poste de télévision n'était toujours pas éteint et diffusait la dernière édition du journal.

   Il commençait à s'énerver, cela contrariait son planning. En sachant que ses grands-parents prendraient un ultime café avant d'aller se coucher il pouvait encore compter une bonne demi-heure avant l'extinction des feux. Il allait être en retard. Il prit donc la décision de partir sur le champ sans plus attendre.   

   Il ouvrit doucement la fenêtre de sa chambre et poussa délicatement les lourds volets qui s'écartèrent silencieusement. Sa tactique était bien rodée car cela faisait deux semaines qu'il "s'évadait" ainsi chaque soir et jusqu'à présent tout avait  merveilleusement bien fonctionné.

   Il enfourcha son vélo et fila en direction de la plage. 

   Quand il arriva à la salle de jeux il découvrit celle-ci bondée, apparemment ce soir tout le monde était de sortie.  Marc vint à sa rencontre

   - "Putain il est vraiment dépouillé ton vélo !", lança t-il avec un ton ironique.

   - "Peut-être", répondit Lucien "mais avec lui je passe partout".

   - "ben alors, t'as qu'a aller à la fête en vélo !".

   - "Ha , arrête d'être drôle, j'ai mal au ventre tellement j'suis mort de rire !".
                  
   - "Bon... Tout le monde est là, on part tous ensemble, ça va faire un sacré convoi".

   - "Comment ça tous ensembles ?" Répondit Lucien vaguement inquiet.

   - "Ben c'est tous les mecs d'Arès, plus tous les potes des campings et leurs potes de leurs potes. Mate un peu toutes les bagnoles et les bécanes !".
 
   Lucien comprit tout de suite le problème.

   - "Il est où le chinois ?" demanda t-il alors à Marc.

   - "Là-bas sur la jetée il est avec sa copine".

   - "J'vais lui dire deux mots", lança Lucien, "je reviens de suite, ça ne sera pas long !".

   Il marchait vite et sentait son énervement grandir, putain, fallait toujours que ces nazes fassent des conneries. Il rejoignit le chinois sur la jetée.

   "Tiens celle-ci je l'ai jamais vue" remarqua Lucien quand il vit la fille qui se tenait à ses cotés.  

   - "Eh Kiss !" S'exclama le chinois en le voyant arriver, "Je te présente Nathalie !" lui dit-il avec fierté.      
   - "Salut !" répondit Lucien avec un grand sourire. "Pour une fois qu'il y en a un qui réussit à en lever une de valable autant être poli", se dit-il.

   - "Dis donc, pour ce soir tu crois pas qu'on devrais y aller par petits groupes pour éviter de se faire trop remarquer".

   - "Putain Kiss, tu déconnes, con , quand les mecs des autres villes du bassin vont nous voir débarquer ils sauront tous que les mecs d'Arès font une descente et c'est exactement ce que je veux qu'ils voient".

   - "D'accord , tu fais comme tu veux", répondit Lucien, "mais faudra pas que toi et tes potes allez ensuite vous plaindre si ça tourne mal pour vous".

   - "Eh Kiss, le jour où tu nous verras par terre n'est pas près d'arriver !".
                                
   Le chinois avait l'air sur de lui. Lucien ne répondit pas. Marc vint à sa rencontre.

   - "Alors ?" Demanda t-il.

  - "Alors on trace tout de suite, pas question de partir avec ces taches !".

  Moins de cinq minutes plus tard la 4L remplie de six personnes roulait en direction de Claouey suivie d'une autre voiture, de plusieurs motos et aussi de quelques mobylettes. Dans la voiture c'était la fête, le radio cassette était à fond et les occupants braillaient à tue tête. Une bien belle soirée d'été.   

   Une vingtaine de minutes plus tard ils étaient arrivés. Ils constatèrent qu'il y avait beaucoup de monde. Des voitures étaient garées un peu partout des deux cotés de la route, plus loin ils remarquèrent également que la police avait disposée des barrières interdisant aux voitures les rues donnant accès au lieu de la fête.

   - "Bon", fit Lucien "on gare les bagnoles ici. Plus loin ça va être la zone".

   - "O.K" répondit Marc.

   Lucien attendit que tous le monde se soit rassemblé pour donner ses consignes.

   - "Bon, on reste groupé jusqu'à là-bas, une fois arrivé sur place tout le monde se disperse dans la foule par groupe de trois ou quatre maxi, perdez pas de vue qu'ici les gens aiment bien la bagarre alors soyez cools, draguez les filles et éclatez vous. Ah ouais, pour le retour j'ai rien à dire, vous faites comme vous le sentez !".
     
   Le groupe se mit en route comme un seul homme. Lucien lui s'étonnait toujours d'en être le chef. Mais après tout Il s'appelait Kiss et c'est vrai que c'était cool d'être un chef de bande. Ah si Laurent et Franck pouvaient voir ça.

   Mais lorsqu'ils débouchèrent dans la rue qui donnait sur l'entrée de la fête, ils eurent une surprise de taille. Des gendarmes avec des chiens, des barrières, des types qui devaient faire partie du service d'ordre de la fête et pour couronner le tout une petite guérite avec le mot "caisse" écrit dessus. A coté on pouvait lire " 10F Adulte, 5F enfant ". Ils s'arrêtèrent net.

   - "Putain", fit Marc, "t'as vu...Les boules mec !" Lucien analysa rapidement la situation. 

   - "On ne peut pas passer", lâcha t-il.

   Le mot se passa parmi les autres membres de l'expédition, chacun essayait  vainement de trouver une solution.

   - "C'est quand même dur d'avoir fait tout ce chemin pour rien", dit Pascal dont l'enthousiasme du début de soirée avait laissé la place à un moral réduit à néant.

   Un garçon de la bande que Lucien ne connaissait pas s'avança et dit dans un fort accent bordelais. 

   - "Putain con, l'année dernière c'était gratuit, c'est la première fois qu'ils font payer, c'est dégueulasse con, bande d'enculés !!".

   - "Qui t'es toi ?" lui demanda Lucien, étonné.

   - "Moi c'est Christophe, et je suis pas avec les autres parce que j'aime pas leur musique et en plus avec vous il y a toujours des filles con !".

   - Lucien le regarda plus attentivement, amusé par la réplique. "Le rebelle" portait une veste en cuir et paraissait très jeune.   

   - "Quel âge as-tu ?" questionna Lucien.

   - "J'ai 12 ans !" répondit-il avec un air de défiance.

   - "Eh ben mon gars, on peut pas dire que t'es en retard", répondit Lucien en riant.

   - "Et tes parents te laisse sortir le soir ?".

   - "Ouais, con, je fais la belle !".

   - "Bon qu'est ce qu'on fait ?" demanda Bruno

   - "C'est simple, on va y aller et sans payer, manquerait plus que ça.  Suivez moi on va longer la côte par la plage jusqu'à la fête. On va les baiser comme ça".

   Le plan de Lucien fonctionna à merveille ils longèrent plage et entrèrent dans la place sans problème. Un vrai chef trouve toujours une solution. Un quart d'heure plus tard les resquilleurs déambulaient dans les allées de la fête. 
 
   - "Bon, dispersion !" Lança Lucien.  

   Lucien, Pascal, Bruno et Marc restèrent ensembles.

   Des restaurants de dégustation d'huîtres étaient dressés un peu partout, les tables étaient remplies de gens qui riaient, mangeaient et buvaient. Des stands des différents vins  de bordeaux, rouges, blancs, rosés, des liqueurs, du cognac de Charente, de l'Armagnac du Gers, de l'Izarra des landes. Il y en avaient pour tous les goûts et tous les palais. Ils passèrent devant des auto-tamponneuses, des stands de loteries, des vendeurs de pommes d'amours et de barbe à papa, plus ils s'avançaient dans les allées et plus ils se rendaient compte de l'importance de la fête. Un grand huit, des montagnes russes etc, etc...   
                  
   Ils marchaient tranquillement, devant eux ils virent un grand chapiteau d’où sortait de  la musique disco, des gens entraient et sortaient.

   - "Ca doit être pour le bal", dit Lucien. 

   - "Allons-y", répondit Marc.

   - "J'suis sur qu'il y a pleins de nanas", lança Pascal.

   Ils entrèrent. Pascal avait vu juste. il y avait assez de filles pour tout le reste de l'été. Mais ils constatèrent également que toute la bande se trouvait également là.

   -  Evidemment", cria Lucien à Marc afin de se faire entendre parmi les décibels que crachait la sono, "ils sont tous ici !".  

   - "Les renards vont où ils y a des poules, par conséquent bienvenue dans le poulailler !"                 Répondit celui-ci en riant.

   Lucien constatât que déjà certains membres de sa bande avaient déjà la situation bien en main à en juger par la façon dont certains enlaçaient leur nouvelle connaissance.

   - "En plus on arrive les derniers", fit Pascal d'un air outragé.

   - "Nan, les derniers les voilà et c'est pas bon du tout !".

   Lucien pointait du doigt la bande d'Arès qui faisait son entrée sous le chapiteau.

   - "Putain ils sont tous là !" Siffla Bruno.

   - "Les cow-boys du bassin d'Arcachon !" Répliqua Pascal sur un ton ironique.

   - "Nan... C'est les bouffons du bassin d'Arcachon, c'est pas pareil", rectifia Lucien.

Il étaient tous là, il reconnut Léon avec son regard bête et méchant, Philippe avec son grand nez, Manuel et son abruti de frère, tous ceux à qui il avait des difficultés à tendre la main pour dire bonjour. Le jour viendrait où on ne pourrait pas éviter une vraie bagarre, et peut-être était ce pour ce soir. Les "amis d'Arès" rôdaient dans la salle, Lucien remarqua que celle-ci commençait à se vider confirmant ainsi que leur réputation n'était pas usurpée. Ils étaient réellement craint. Cela étonnât Lucien car à ses yeux il n'y avait vraiment pas de quoi. Il jeta un coup d’œil autour de lui. 
 
   La bande rivale faisait face à la sienne et leurs membres se regardaient en chiens de faïence.
                     
   - "Regardes les yeux qu'ils ont, ils ont dû picoler", murmura Bruno.  

   Lucien n'eut pas le temps de répondre, il vit Hervé tomber lourdement sur le sol. Hervé, son ami du camping. Hervé avec son jean pleins de trous et sa Yamaha 125. Celui qui arrivait en trombe à la salle de jeux.  Hervé qui, il y a quelques instants tenait par la taille une jolie petite brune en dansant un slow qui était peut-être celui de l'été pour lui. Hervé venait de chuter, bousculer par ce gros porc de Léon qui riait tout comme ses bouffons autour de lui.
        
   Lucien traversa la piste de danse en courant et poussant ceux qui se trouvaient sur son passage. Léon tourna la tête vers lui juste à temps pour se prendre le coup de poing en pleine figure. Il eut un petit cri de surprise en même temps qu'un éclair douloureux irradiait son nez, il mit ses mains sur son visage les retira. Elles étaient maculées de sang. 

   - "Putain Kiss, je vais te tuer !" Hurla t-il.

   - "Y'a pas de problèmes connard", lui répondit Lucien. Il lui lança un coup de pied qui l'atteignit au ventre, Léon se plia en deux.

   Les gens affolés s'étaient écartés de la piste et certains commençaient à quitter le chapiteau. Lucien n'écoutait plus rien, la colère et la haine qu'il éprouvait explosait et il était prêt à  tous se les faire s'il le fallait. Enfin il pouvait vraiment s'exprimer. Il tapait, tapait, à ses pied le pauvre Léon était roulé en boule et attendait un hypothétique secours de la part de ses collègues. Mais les autres n'intervenaient pas, ils restaient immobiles. 

   Le chinois arrivant en courant et sépara les protagonistes.

   - "Ca suffit con, Kiss, arrête... Arrête !".

   - "J'vais me le faire ce pourri !" éructait Lucien en continuant de lancer des coups de pieds qui n'atteignaient plus sa cible. 

   Marc intervint à son tour et aida le chinois à les séparer. 

   - "Kiss, Kiss, laisse tomber, calme toi, il a compris, il a son compte!"

   - "Ouais con, il a eu son compte, arrête maintenant ou je te stoppe !".

   Lucien sentit la colère disparaître aussi rapidement qu'elle était arrivé.

   - "Ouais, bon, on se tire, y'en a marre de ces cons" , dit-il en haletant cherchant à reprendre son souffle. De son côté Léon se relevait péniblement, du sang maculait son tee-shirt et son pantalon à pince.

   - "Hé Kiss, on n'en restera pas là", lui  lança t-il avec un regard plein de haine et d'humiliation.

   - "C'est quand tu veux connard, tu me fais pas peur toi et tous les autres !" cria Lucien en se retournant mais les mains de Marc plaquées sur ses épaules empêcha un  retour au combat.

   Ils quittèrent le chapiteau au moment où la police fit son entrée évitant de justesse de se faire arrêter.

   - "Allez on trace jusqu'aux voitures !" Cria Lucien.  Ils parvinrent aux voitures et foncèrent dans la direction d'Arès.

   La soirée s'achevait dans la confusion et la guerre semblait déclarée entre les deux bandes.

 

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