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La boutique GOM RECORDS rouvre ses portes, virtuelles cette fois. Retrouvez ce label en ligne indispensable tenu par notre Metal Brother Holger sur http://www.gom-records-onlineshop.com/
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Chapitre 4 - La métamorphose

CHAPITRE 4 - Métamorphose

 

   C'était la première fois que Lucien sortait de chez un disquaire avec un disque qui n'était pas un disque de KISS. Le vendeur, un mec sympa et bien branché lui avait mis le grappin dessus dès qu'il avait pénétré à l'intérieur du magasin.

   - "Hey mec, écoute un peu ça, ça vient de sortir et le guitariste est vraiment trop !".
                
   Lucien n'avait même pas esquissé la moindre réponse que déjà le disque tournait sur la platine. Dès les premières notes il ressenti une sensation identique que lorsqu'il avait écouté ses idoles la première fois.

   Une montée d'adrénaline, ce disque tuait. Le son de guitare était démoniaque, d'une clarté et d'une puissance inouïe. Cela ne sonnait pas du tout comme KISS mais c'était presque aussi bien. VAN HALEN. Le nom du groupe lui parut tout de même bizarre pour un groupe de Hard-Rock, bizarre, mais intéressant.

   Il ressortit donc de la boutique avec l'album de VAN HALEN sous le bras.

   Il attendait tranquillement sur le quai de la gare le train pour Epinay quand soudain il aperçu Franck qui se dirigeait vers lui. Pantalon noir bien moulant, baskets et blouson en cuir avec un tee-shirt de KISS en dessous.

   - "Salut Lulu !" dit-il simplement comme s'il l'avait quitté la veille.

   - "Salut Frankie !" Répondit Lucien sur le même ton.

   - "Ca va ?".

   - "Ca va !", répondit sèchement Lucien.

   Franck alla droit au but.

   - "Ecoute, on va pas se faire la gueule jusqu'à la fin de notre vie pour un truc aussi nul. Ca va faire plus de deux mois qu'on s'est pas vu".
 
   - "C'est pas moi qui ai foutu la merde, t'as qu'a voir ça avec l'autre naze !".

   - "Ouais ben justement, l'autre naze je le vois presque pas. Dès qu'il revient du bahut  il reste dans sa chambre à réviser". 

   - "Et toi tu révises pas ?". 

   - "Si, mais faut pas abuser".

   Il semblait évident que le plus pénalisé dans cette histoire était Franck. Il s'était retrouvé tout seul, dans sa petite chambre à devoir supporter ses frères et soeurs et en plus ne plus voir ses deux amis. L'addition était suffisamment salée.

   - "Bon, on en parle plus", lâcha Lucien. "La prochaine fois qu'on verra "gros naze" on verra bien ce qui se passera".

   Un sentiment de soulagement passa sur le visage de son ami, cela signifiait la fin du tunnel pour lui.

   - "T'as acheté un disque ? C'est quoi ?" reprit Franck avec un grand sourire.

   - "Ça mon gars tu vas tomber, c'est VAN HALEN et c'est un nouveau groupe qui va faire un massacre !".

   - "VAN HALEN ?! ... J'connais je l'ai acheté avant-hier, c'est génial !".

   Lucien était vexé, décidément fallait qu'il règle son train, celui-ci était constamment en retard, cela en devenait extrêmement déplaisant.

   - "Ah ouais !" fit-il, "ben je vais bien voir çà, tu veux venir l'écouter ?".

   - "Si ça te déranges pas", répondit Franck.

   Pour Franck, revenir dans la chambre à Lulu signifiait la fin du conflit, on enterrait la hache de guerre et le lieu de la cérémonie était tout désigné, tout comme l'instrument de la réconciliation, un bon disque à se coller dans les oreilles. Génial !

   Le reste de l'après-midi ne fut que musique et discussion entre les deux compères et à la fin de la journée ils étaient redevenus les meilleurs amis du monde.

   Laurent ne mit pas longtemps à réintégrer la bande quand il apprit par Franck que la paix s'était établit entre eux, il comprit que désormais c'était lui qui risquait alors de se retrouver isolé. Bref rien de bon. En plus Lucien lui manquait car au fond il l'aimait bien. C'est pourquoi le surlendemain de la réconciliation entre Franck et Lucien, Laurent rejoignit la bande non sans avoir auparavant chargé Franck de reconnaître le terrain afin d'éviter une humiliation ou bien une fin de non recevoir. Et comme Laurent manquait aussi à Lucien. La paix fut déclarée par une nouvelle réunion dans la chambre de Lulu.

   - "Alors Lulu, ça marche au bahut ?" demanda Franck en buvant un coca.

   - "Ben, pas vraiment". La moue qu'il afficha sur son visage en dit long sur la gravité de la situation.

   - "Moi ça va mais bon ... C'est pas aussi génial que d'habitude".
 
   Les deux autres se regardèrent, c'était bien la première fois que Laurent avouait éprouver des difficultés scolaires.

   - "Ah ouais ?!" fit Lucien, "c'est bizarre pour un mec comme toi qui touche à mort? Tu vois pas que tu sois pas foutu de finir ingénieur où un autre truc à la con dans ce style. Putain, la tronche de ta mère!".

   - "J'en ai  rien à foutre de cette vieille pie et j'en ai rien à foutre des profs".

   Les deux autres restèrent muets, c'était bien la dernière des choses qu'ils s'attendaient à entendre de la bouche de Laurent. 

   - "C'est vrai que c'est chiant d'avoir des tâches comme profs", renchérit alors Franck.

   - "Moi c'est carrément au secours. Les maths c'est de l'arabe, j'y comprends que dalle"

   Lulu était vraiment heureux de constater que cette année il n'était pas le seul à être pris dans les remous des programmes scolaires. Vraiment cette fois-ci plus qu'une autre les vacances de Pâques tombaient à pic il était temps de faire une pause afin d'essayer de rattraper le coup.

   Trop heureux de trouver un bouc émissaires, ils dénigrèrent les professeurs et l'école pendant le reste de l'après-midi.

   L'arrivée du printemps permis aux trois compères de recommencer à passer leur temps libre assis sur les trottoirs de leur impasse à discuter de choses et d'autres, à improviser des parties de foot.  
 
   Les vacances de Pâques arrivèrent enfin et comme d'habitude Lucien descendit avec ses grands-parents sur le bassin d'Arcachon mais cette fois-ci, contrairement aux années passées il avait une mission à accomplir. Se faire un maximum de relations, préparer le terrain pour les prochaines grandes vacances et ne pas se faire ridiculiser par les deux autres à son retour. Une fois suffisait largement.

   Les choses se passèrent avec une simplicité déconcertante pour Lucien alors qu'il s'attendait à une tache assez ardue, n'étant pas d'un naturel communicatif. Le premier jour de son arrivée le fit rencontrer deux jeunes filles, le deuxième jour encore deux autres, le troisième jour il fut invité à une boum et les jours suivants ne furent que fêtes et rencontres un peu partout dans Arès. A la fin des vacances il pouvait s'enorgueillir de connaître au bas mots une cinquantaine de personne dans la ville où auparavant il passait toutes ses vacances en solitaire.

   Au yeux de Lucien la raison de ce succès était évidente. Sa dégaine en faisait quelqu'un d'attirant, à la fois pour les filles et aussi pour les garçons. Son look de loubard avec son blouson de cuir, ses cheveux plus longs, la musique, tout cela avait fait son succès. Il commençait à se rendre compte qu'il y avait aussi quelque chose d'autre qui attirait les gens vers lui. Quelque chose qui faisait que des hommes, des femmes, jeunes ou vieux donnaient l'impression de le regarder avec insistance, de l'observer en douce, certains se retournaient même sur son passage au point que quelquefois il se demandait s'il n'avait pas quelque anomalie pour que tous ces gens le regarde ainsi.

    Certes il était habillé d'une manière différente mais il n'y avait quand même pas de quoi se retourner sur son passage où à le dévisager comme s'il débarquait de la planète Mars. Et pourtant chaque jour qui passait le faisait prendre conscience qu'il exerçait un véritable magnétisme et que c'était une chose qu'il se devait d'apprendre à bien maîtriser avant de l'utiliser car il avait désormais la certitude que ce "pouvoir" pourrait bien lui être utile. Il ne savait pas encore quand ni comment ni même pourquoi mais il savait que c'était quelque chose que lui possédait et que les autres n'avaient pas et ça c'était royal.
 
   - "Hey Lulu y'a une boum samedi après-midi à Stains !"

   Franck et Laurent s'agrippaient joyeusement aux barreaux de la grille du pavillon. Cela faisait trois jours que Lucien était revenu de vacances et c'était la première fois qu'il les voyait depuis trois semaines. Franck poursuivit.

   - "C'est chez une nana de la classe à Laurent, bon évidemment on est pas invité mais c'est pas un problème on tapera l'incruste !".

  "Comme d'habitude" pensa Lucien.

   En effet ils étaient rarement invités aux "petites fêtes" car les "organisateurs" hésitaient quelque peu à faire venir ces trois lascars qui vidaient le bar en un rien de temps et qui pouvaient couler une fête en quelques secondes.

   - "En plus elle a un tas de copines et si c'est pas des boudins on a des chances !!" dit Laurent avec un regard qui en disait long sur son appétit sexuel en pleine croissance.

   - "Ouais... Alors si c'est des boudins ça sera pour Frankie", répondit Lucien.

   Laurent éclata de rire. Lucien comprit que tous les deux entraient dans une période de paix et de fraternité sincère et que désormais Franck allait traverser une période difficile.               

   - "Alors ?" Demanda Laurent, "tes vacances, c'était comment ?".

   - "C'était le pied".

   Et cette fois ci ce fut lui raconta ses exploits aux deux autres.

   - "Tu t'es fait une nana ?" lui demanda Laurent.

   Il les regardait tous les deux suspendus à sa réponse. Il faillit répondre par l'affirmative mais il se ravisa, s'il se mettait à mentir les deux autres lui demanderaient plus de détails et il aurait alors un grand nombre de chances de se faire coincer. Et alors là bonjour la honte.
  
   - "Nan mais j'ai préparé le terrain, les mecs. Pour les grandes vacances y'aura aucun problème !". "Y'a intérêt sinon c'est les boules du siècle" se dit Lucien à lui-même.

   - "Bon... La boum c'est à la cité Allende au neuvième, dans la tour numéro 3. Est ce que tu seras là ?", lui demanda Laurent.

   - "Ouais". Répondit Lucien.

   - "Super !".   

   - "Ça va être la grosse éclate", renchérit Franck.

   - "Au fait elle s'appelle comment la fille chez qui on va zoner ?".

   - "Isabelle".

   - "J'aime bien Isabelle, c'est un chouette prénom. Tu trouves pas Lulu ?!".

   - "Tu m'étonnes !"  Lucien aimait bien dire "tu m'étonnes", il trouvait que ça sonnait bien. Ouais "tu m'étonnes" ça sonnait top classe. 

   Le Samedi après-midi venu, ils se mirent en route. La mademoiselle qui avait osé ne pas les inviter à sa boum allait avoir la surprise de sa vie.   

   - "C'est vrai ça", dit Lucien à Laurent, "qu'elle ne nous invite pas moi et Frankie, c'est  normal on la connaît pas, mais qu'elle ne t'ai même pas invité alors qu'elle est dans ta classe c'est vraiment pas cool !".

   - "Ouais. Mais là elle va comprendre qu'elle a fait une grosse erreur. C'est vrai quoi...".

   Laurent alluma une cigarette, c'est vrai, on l'avait écarté du plan, ça allait faire très mal. Il pressa le pas.

   Arrivés devant la tour numéro 3 ils s'engagèrent dans le hall et prirent l'ascenseur.

   Arrivés sur le palier ils n'eurent même pas à frapper à la porte car celle-ci était grande ouverte. Erreur fatale.

   L'appartement était déjà rempli d'invités, mais toutefois pas assez pour échapper à la vigilance de l'organisatrice.

- "Mais... je ne t'ai pas invité toi... Ah ben tu manques pas d'air !!!".

- "Allez Isabelle te prends pas la tête c'est Stéphane qui m'a dit que je pouvais venir avec mes copains !".

   Laurent avait toujours eu le chic pour balancer et mettre dans l'embarras  même le meilleur de ses amis. Les deux autres étaient assez habitués à ce genre de plan. Donc un certain Stéphane allait morfler....

   Il poursuivit sur un ton apaisant et assez mondain.

   - "Je te présente, Frankie et Lulu. J'te promet qu'on va rester très sages".

   La fille regarda alors les deux garçons qui décrochaient un sourire niais.

   - "J'espère bien... Quand à Stéphane je vais le remercier... Quel faux jeton...Il arrête pas de te casser quand il est avec moi et mes copines mais quand il est avec toi il fait exactement le contraire !".  

   Le sourire de Laurent se crispa légèrement signe que l'information était reçue cinq sur cinq.

   Les parents d'Isabelle étaient partis en week-end et la chère petite avait profité de l'occasion pour organiser une petite fête, et quelle fête.

   Une table était remplie de bouteilles d'alcool, Whisky, Vodka, Gin, il y avait même du Champagne.             

   - "Ca va", dit Lucien aux deux autres. "Le bar est encore acceptable".

   - "En plus t'as vu ?  Il y a un sacré buffet !".
    
   En effet, Franck avait raison. Des saladiers de crudités, du poulet, de la viande, des sauces et de la charcuterie s'étalaient sur une table. Plus loin sur une autre petite table dans le salon s'étalaient des chips, des cacahuètes, des pistaches ... Vraiment tout ceci était très bien organisé. C'était un réel plaisir.

   - "Ca c'est une boum !" S'exclama Laurent enthousiasmé par le spectacle.

   - "Hey ! vises un peu qui arrive ? !".
 
   Franck avait tourné la tête vers l'entrée juste à temps pour apercevoir l'arrivée de plusieurs filles. Et quelles filles.

   - "Des Canons, matez moi ces canons les mecs !" s'exclamât Laurent.

   - "Tu m'étonnes !" Répondit Lucien.

   Au bout de quelques minutes tout l'appartement était envahi d'une foule de garçons et de filles qui déambulaient dans les différentes pièces. La chaîne hi-fi diffusait les derniers tubes discos à la mode.

   - "Ca y est, on va encore avoir droit à de la musique de merde !" Cria Lucien à l'oreille de Franck.

   - "Ouais, je crois que je vais aller voir ce qu'il y a dans la pile de disques, je devrais bien trouver un truc intéressant !".

   - "Bonne chance, mec !".

   Deux heures plus tard Lucien était assis par terre un verre à la main. Il avait descendu une certaine dose d'alcool et avait fait très fort sur les mélanges mais il se sentait en pleine forme. Il regardait la fille assise en face de lui contre le mur. 

   Cela faisait déjà un petit moment qu'ils se regardaient ainsi, immobiles, chacun de leur coté.

   Lucien était en train d'élaborer une manière pas trop nulle afin de faire connaissance avec la fille quand soudain une main se posa sur son épaule.

   - "Hé ... C'est ton copain le type au cheveux longs avec la veste en cuir ?".  
           
   - "Ouais. C'est quoi le problème ?".

   - "Ben il est suspendu par les bras au balcon ... On est au neuvième...Tu pourrais pas faire quelque chose ?".

   Lucien soupira et se levât sans précipitation. Il avait l'habitude.

   - "A chaque fois qu'il est fait faut toujours qu'il se suspende quelque part. A force ça devient lourd !". Dit Lucien sur un ton blasé.

   L'autre le regarda, incrédule.

   Il arriva sur le balcon où se trouvait quelques garçons et filles visiblement paniqués qui tentaient de raisonner son copain qui était réellement suspendu par les bras se balançant dans le vide. 

   - "Ca va ?" Demanda Lucien en s'approchant de Laurent.  

   - "Ouais... Super !" Lui répondit celui-ci.

   - "Bon... tu vois, eux, ils flippent que tu tombes, moi pas. Qu'est ce qu'on fait ?".

   - "Laisse tomber".

   Lucien se fendit d'un sourire "Laisse tomber" ça c'était de l'humour made in Laurent. Il était en pleine forme.

   Lucien fit soudain demi-tour.

   - "Laissez tomber, quand il en aura marre il remontera !" Lança t-il à l'adresse des convives, complètement ahuris.

   Il se resservit un verre de champagne. Au même moment la musique devient douce et lancinante.

   - "Un slow !?".
 
   Sans hésiter il s'avança vers la fille toujours assise contre le mur.

   - "Tu danses ?".

   Elle se levât et lui pris la main, l'entraînant au milieu de la pièce.

   "En voici une qui sait ce qu'elle veut" se dit Lucien.

   C'était le premier slow de Lucien. Il avait horreur des slows mais bon...Il n'avait pas réfléchi, l'alcool aidant ses inhibitions avaient disparues au fil des verres, et puis de toute manière il fallait en passer par là si l'on désirait obtenir un résultat. Dans une boum c'était obligatoire. Et puis l'honneur était sauf car c'était Franck qui tenait la platine et le slow en question était en réalité un  truc qui commençait très slow et s'achevait très hard.

   Lucien comprit tout de suite se qui allait se passer. Il fallait absolument qu'il "emballe" la fille avant que la musique ne devienne méchante, car ensuite il n'était pas question de rester coller à danser comme deux ploucs au milieu d'un déluge de décibels.

   Lucien jeta un oeil noir à Franck. Celui-ci lui répondit par un grand sourire sadique.

   C'était un piège fourbe qu'il se devait de déjouer sous peine de honte suprême.

   Il s'écarta légèrement de la fille, la regarda... Et l'embrassa.

   C'était la première fois qu'il embrassait une fille sur la bouche, il fit glisser sa langue et la sensation qu'il éprouva lui fit regretter de ne pas l'avoir fait plus tôt.                   

   Cette boum c'était le pied, cette boum était géniale et par le fait il n'avait plus aucune envie de mettre la zone dans un appartement qui d'un seul coup venait de rentrer dans l'histoire de sa vie. Il glissèrent sur le sol.

   Il avait perdu toute notion du temps. Il avait oublié les deux autres. Lui et la fille s'embrassaient à en perdre haleine.  

   Un coup sur son pied gauche le ramena à la réalité.

   - "Hé Lulu faut qu'on y aille ça craint il n'y a plus de bus... On va être obligés de rentrer à pied".

   Tel le casse-pieds de service, Laurent était revenu sur le plancher des vaches au grand désespoir de Lucien.

   - "Tiens...T'es déjà remonté ?!".

   Laurent lui faisait face, Franck à ses cotés. Ils paraissaient épuisés.

   Lucien soupira, se leva doucement car l'alcool qu'il avait ingurgité commençait à se faire méchant. Il suivit les deux autres dans la chambre où Franck avait posé son blouson parmi les autres vêtements des invités. Ils se regardèrent tous les trois.

   - On fait les poches de ces bouffons ?!

   - Tu m'étonnes!' répondit Lucien d'un seul coup réactivé.

   - Nan les mecs vous êtes lourds, c'est dégueulasse.'

   Mais Laurent et Lucien commençaient déjà à fouiller les vêtements étendus sur le lit.

   - "Quoique... Il à l'air sympa ce blouson", dit Frankie.

   - "Tu m'étonnes, c'est un flight-jacket, ça vaut au moins trois mille balle", répondit Lucien.

   - "Adjugé" dit Frankie, "je lui laisse le mien en échange comme ça c'est pas du vol".

   Laurent et Lucien échangèrent un regard amusé, quand il s'y mettait Franck était vraiment impayable.

   Lucien revint dans le salon afin de faire ses adieux à sa copine. Celle-ci n'avait pas bougé. Il s'approcha et la pris par la taille.

   - "Je dois y aller", dit-il. "tu me donnes ton téléphone ?".

   Elle prit un morceau de ce qu'il restait de la nappe en papier d'une  des tables et lui griffonna le code du bonheur.

   - "Merci. Je t'appelle demain". Il l'embrassa longuement.

   Les invités qui restaient étaient dispersés un peu partout dans les pièces, affalés par terre, les quelques survivants s'étaient retranchés dans la cuisine et discutaient à haute voix. La fumée des cigarettes était dense, les bouteilles vides.         

   - "Jolie fête", dit Lucien en refermant la porte de l'appartement.

 

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