troyan forge

  • Plein écran
  • Ecran large
  • Ecran étroit
  • Agrandir le texte
  • Taille par défaut
  • Rapetisser le texte

Newsflash

La boutique GOM RECORDS rouvre ses portes, virtuelles cette fois. Retrouvez ce label en ligne indispensable tenu par notre Metal Brother Holger sur http://www.gom-records-onlineshop.com/
CD et Merch' collectors à prix honnêtes \m/

 

 

Chapitre 3 - La chambre.

CHAPITRE 3 - La chambre


 
   De retour à Epinay, Lucien se préparait à affronter une nouvelle rentrée scolaire dans un nouvel établissement. Il allait attaquer la seconde et il était bien connu que la seconde était une classe très difficile surtout au niveau des maths. Son grand-père trouvait les mathématiques modernes inutiles et Lucien adhérait totalement à ce point de vue. En plus il avait horreur des maths mais après la réussite haut la main de son B.E.P.C il fallait poursuivre et décrocher le baccalauréat, diplôme qui avait l'air de tenir une grande importance dans le coeur ses parents.

   - "Tenez vous deux vous tombez bien, suivez nous, on a quelque chose à vous  montrer !" avait dit leur parents dès leur arrivée.

   Son père avait du mal à dissimuler une certaine joie et une impatience qui intriguât Lucien et sa soeur.

   - "Ça doit être quelque chose d'important". se dit Lucien en suivant ses parents d'un air mi curieux mi amusé.

   En arrivant dans la chambre de sa soeur, ils constatèrent que celle-ci avait disparue pour faire place à une pièce avec un grand meuble et deux grands fauteuils. Leur père ouvrit le grand meuble. A l'intérieur du meuble se trouvait une télé toute neuve avec une chaîne hi-fi toute neuve elle aussi.
Lucien et Manon étaient soufflés. Leur père ne leur laissa pas le temps de réaliser.

   - "Bon maintenant on monte !". Ils montèrent l'escalier qui amenait à la chambre de Lucien qui se demandait ce qui se passait.

   Ce qu'il vit au premier regard en arrivant dans sa chambre c'est qu'elle était toujours là ce qui quelque part lui retira un gros poids sur l'estomac. Mais quand il regarda plus attentivement il s'aperçut que le lit était certes toujours dans la pièce mais que l'aménagement avait changé et correspondait plus à celui d'une chambre de fille. La couleur des draps de lit, les peluches de sa soeur ainsi que ses poupées rangées dans un coin de la pièce le conforta dans sa déduction. Ses parents avaient osé offrir sa chambre à sa soeur. Trahison. 

   - "Voici ta  nouvelle chambre Karine !" dit sa mère.

   Karine ne disait rien mais Lucien lisait en filigrane le bonheur sur le visage de sa petite soeur. Elle prenait possession de la chambre de son frère et rien que pour ça c'était le pied.

   Son père ouvrit la porte du grenier. Mais le grenier n'était plus un grenier mais une pièce toute neuve, refaite, avec du papier peint au design moderne, une gigantesque photo de New-York sur tout un pan de mur de la chambre, un lit assorti à  la moquette toute neuve elle aussi, une petite table de nuit de style contemporain où reposait une lampe de chevet en totale harmonie avec l'ensemble de la pièce. Le tout flambant neuf.

   Sur une autre partie de la chambre plusieurs étagères étaient fixées et sur l'une de ces étagères était posé un objet que Lucien connaissait bien. Un objet qu'il avait longtemps désiré en secret: La chaine hi-fi de son père.

   Elle était là, la platine disque, l'amplificateur avec ses vus mètre lumineux et les deux enceintes stéréo aux deux extrémités de la pièce. Lucien ne savait que dire.  

   - "Voici ta chambre, et on espère ta mère et moi que tu continueras à avoir des résultats scolaires aussi bons que l'année précédente".

   Ainsi c'était la récompense pour avoir décrocher son diplôme. Une chambre toute neuve et toute équipée. A cet instant, à la vue de tout cela il était prêt à bosser comme un dingue jusqu'à la fin de sa vie.     

   - "Bon on vous laisse, tiens, au fait tu veux que je te montre comment fonctionne la chaîne ?"

   Son père se doutait bien qu'il devait l'utiliser en douce de temps en temps mais il se trompait car son fils n'avait pas oser manipuler la bête de peur d'une fausse manoeuvre. Son père, même s'il était assez cool était quand même assez  impressionnant quand il piquait une  colère et Lucien avait bien garder en mémoire les solides baffes qu'il se prenait quand il devenait assez lourd à supporter. 

   - "Ouais, vas-y !". 
  
   - "Bon ! là c'est le bouton pour allumer. Assures toi que le bouton de volume est à zéro pour éviter de décoller les baffles. Ici c'est le bouton des aigus..."

   Lucien n'arrivait pas à se concentrer pour écouter les conseils de son père, il se perdait dans la contemplation des boutons et des lumières. L'essentiel était de la faire  marcher tout de suite.

- "Tiens donnes moi un disque !"

   Cette fois Lucien capta tout de suite et tendit le seul disque valable pour une chaîne comme celle-ci. La pièce se transformât alors en salle de concert. Il n'avait jamais écouté de disque à une telle puissance. Il était sur scène au milieu du groupe. Son  coeur battait à tout rompre c'était le super pied. 
   
   - "Bon évidemment tu l'écouteras pas aussi fort que çà! Lui dit son père en baissant le  bouton du volume".

   - "Oui, bien sur P'pa" ! "Cause toujours" pensa t-il.

   - "Voilà ! Maintenant on te laisse prendre possession des lieux".

   Le pied, c'était le pied, bien sur, au début il avait eu peur quand il avait vu sa soeur lui piquer sa chambre, mais là il n'y avait aucun problème, il la lui laissait volontiers. Il faisait le tour de la chambre, sa chambre et plus il la regardait plus il la trouvait belle. Et la chaîne hi-fi... Il possédait le top du top.

   Il fallait que les autres voient ça tout de suite, Franck avec sa chaîne pourrie était enfoncé, dissout, détruit, quand à Laurent c'était tout simplement jouissif d'imaginer la tronche qu'il ferait en voyant tout ça. En plus voila qui mettait définitivement la situation claire  pour les futures réunions de la bande. Désormais c'était acté d'office, elles auraient lieu ici, c'était l'évidence même.

   Il descendit les marches quatre à quatre et déboula dans la rue comme une fusée, les volets de la maison de Laurent étaient ouverts, donc il était là. Il arrivât ensuite devant la maison de Franck pour y découvrir une situation identique.

   "Super ils sont tous là !" dit Lucien à haute voix, tout excité à l'idée de leur montrer sa chambre. Il frappa à la porte.

   Nadine, la grande soeur ouvrit la porte.

   - "Tiens, salut ça va ? Tu as passé de bonnes vacances Lulu ?"

   - "Ouais, et toi ?"

   - "Super, super !" dit-elle avec un air guilleret. "Je suppose que tu viens voir Franck ?".

   - "Ouais !".

   - "Franck, Franck !!!!".

   - "Ouais !" Répondit la voix de Franck.  

   - "Lulu est là, tu descends ?".

   - "J'arrive !".

   En attendant son copain, Lucien remarqua que c'était la première fois qu'il parlait à Nadine, il avait déjà échangé quelques mots avec Solange car elle était la plus jeune et avait le même âge que lui mais jamais avec la grande soeur. En observant plus précisément Nadine qui se tenait toujours devant lui sur le pas de la porte il la trouva changée, elle avait perdu son coté grande soeur et ressemblait de plus en plus à une jeune femme. Il éprouvât une sorte de petite jalousie à l'idée que celle-ci puisse avoir rencontré un  garçon durant ses vacances car depuis quelques minutes il la trouvait...attirante. 

   - "Salut bouffon !".

   - "Salut crapaud !".
 
   Frankie, le crapaud, avait effacé sa grande soeur et se tenait sur le pas de la porte avec son sourire habituel , un teint de bronzage en plus.

   - "T'as passé de bonnes vacances ?".
  
   - "Super vacances tu veux dire !".

   - "Bon, on va chercher Laurent et on va chez moi j'ai un truc à vous montrer, un truc super !".

   - "C'est quelque chose que t'as ramené de vacances ?".

   - "Nan, c'est pas ça, attends tu verras, mais tu vas être scié".
  
   "En fait il va carrément tomber par terre" jubila Lulu. "Quant à l'autre j'en parle même pas".

   Franck appuyât sur la sonnette du pavillon où habitait Laurent en priant pour ne pas voir la mère de celui-ci apparaître à la fenêtre. Heureusement c'est Laurent qui apparu avec son sourire narquois.

   - "Salut les nazes ! J'arrive !".

   Cinq minutes plus tard il n'était toujours pas descendu. Lucien et Franck commençaient à s'impatienter. Enfin la porte du garage s'ouvrit.

   - "Putain t'es une vraie nana toi, t'as vu le temps que tu mets pour descendre !".

   Lucien avait tout de suite donné le ton pour ne pas montrer la stupeur qu'il éprouvait à la vue de son meilleur ami/ennemi.

   - "Wouah t'as les cheveux qu'ont vachement poussés !!!".

   Franck avait raison, mais non seulement ils étaient longs mais en plus ils étaient noirs. Pour couronner le tout leur copain était vêtu d'un pantalon noir moulant et d'une veste en cuir, mais la chose qui frappait le plus Lucien c'était le tee-shirt de KISS qu'il portait sous sa veste.
     
   - "Ouais les mecs, j'ai mis du temps pour mettre mon jean, il est génial hein? En plus j'ai décidé de me laisser pousser les cheveux et le les ai teints en noir !".

   - "Tes parents n'ont rien dit ?" demanda Franck visiblement impressionné.

   - "J'en ai rien à foutre", répondit-il sèchement.

   Lucien observait Laurent des pieds à la tête, il n'en revenait pas. Une métamorphose totale s'était opérée, il avait l'impression d'avoir affaire à une autre personne. Un peu comme Nadine mais dans un autre genre. L'été l'avait transformé. Le résultat était surprenant. 

   Lucien se remémora soudain la pochette du disque. Laurent s'était transformé en KISS. Sans le maquillage certes mais ça lui donnait un putain de look.

   Il sentit la colère l'envahir, il était temps de revenir à l'essentiel : sa chambre.

   - "Ouais ! bon bah on va se raconter tout ça chez moi, j'ai un truc à vous montrer !"
                     
   Bien qu'il n'y ait aucune comparaison  la métamorphose de Laurent était à ses yeux bien moins importante que ce qu'il s'apprêtait à leur montrer.
    
  Quand ils arrivèrent tous les trois dans la chambre, tous se figèrent, Lucien eut même l'impression d'entrer chez quelqu'un d'autre. 

   - "Wouah ça tue, la chambre d'enfer !" s'exclamât Franck. 

   - "Attendez les mecs, matez un peu la chaîne !" Gloussa Lucien en reprenant ses esprits.
                                 
   - "Ouais c'est pas mal ", dit enfin Laurent.

   - "Attends mec !  je vais te mettre ça à fond tu vas voir si c'est pas mal !".

   - "Deuce" Le premier morceau du KISS explosa dans la chambre en dégageant quatre-vingt watts dans les oreilles des trois compères.

   Laurent ne bronchait pas mais il était impressionné, ça faisait pas de doute.                            

   Lucien le connaissait trop bien pour savoir que quand il ne disait rien, sans laisser montrer  aucun signe que ce soit cela voulait dire qu'il avait les boules. 

Donc c'était le pied.

   - "Alors ces vacances Lulu, c'était bien ?".

   Par cette question Laurent signifia qu'il était temps de changer de sujet.

   Sa chambre à lui était minuscule et il la partageait avec son frère. De voir que Lulu possédait un truc pareil avec une chaîne hi-fi le décida à attaquer sur les vacances parce que de ce coté là il éclaterait les deux autres. A l'aise. Il était le meilleur. De plus il avait bien remarqué la façon dont il avait été observé par ses copains . Avec sa nouvelle apparence il était devenu quelqu'un d'autre, quelqu'un que l'on regarde et il trouvait ça génial, de plus il avait pu constater durant ses vacances que les filles n'étaient pas insensibles à son allure.

   Lucien le regarda avec méfiance, il sentait venir un mauvais coup.

   - "Ouais, super j'ai écouté Kiss pendant tout l'été et j'ai passé mon temps à la plage !" répondit Lucien soudain sur la défensive.

   - "Ah c'est bien Lulu, c'est très bien, et toi Frankie ?"  Reprit-il, l'air goguenard.   

   - "Pareil, à part que j'avais la super cote avec une fille, un canon".

   Laurent jeta un sourire arrogant en hochant la tête.

   - "Eh bien moi les gars j'vais vous raconter ce qui s'est passé pendant le mois où j'étais à Berck."
 
   Les parents de Laurent passaient leurs vacances avec leur caravane dans le nord de la France sur la côte d'opale dans un camping au bord de la plage. Chaque année Laurent et son frère passaient leurs temps à zoner dans les dunes.
                          
   Berck n'était qu'une station balnéaire fréquentée par un grand nombres  d'handicapés où les malades, les centres de cures et de soins en faisaient une ville pas tellement réputée pour ses activités nocturnes et ses boites de nuits. En clair ce n'était pas Juan-Les-Pins. Mais cette fois-ci les choses avaient changées.  

   Et pendant plus de deux heures Laurent raconta ses vacances laissant les deux autres bouche bée. Ce qu'il leur raconta fut suffisant. Lucien sentit à nouveau un sentiment de jalousie le submerger. Des boums sauvages chez des copains du coin, une boite de nuit qui passait du Kiss à fond avec pleins d'autres groupes tous plus incroyables les uns des autres, une Maison des Jeunes rien que pour eux. Des fans de KISS et des flirts avec tout un paquet de filles.

   Et Laurent poursuivait son récit.                                                  

   Des fêtes organisées sur  la plage par des C.R.S.

   - "Par des C.R.S. ??!!" Dis Franck interloqué.

   - "Parfaitement mec, des flics !".

   Il décrivit la pagaille qu'il avait foutu avec des potes à lui dans le camping, les cuites à la bière etc...Voilà ce qu'avait été les vacances de Laurent. Il n'y avait pas photo. Lucien était anéanti. Et Laurent qui continuait à narrer son épopée. La boite de Hard-Rock située à une cinquantaine de kilomètres de Berck dans un petit patelin, les virées en stop pour s'y rendre où bien en caravane à plusieurs voitures en faisant plusieurs arrêts dans chaque cafés de villages traversés. L'arrivée au club, vingt francs l'entrée avec en prime une bouteille de bière fabriquée maison. La  sono, la musique et les retours héroïques vers le camping.

   Lucien aurait donné n'importe quoi pour avoir vécu tout ce qu'avait vécu Laurent, et à voir la tête que tirait Franck il pouvait au moins avoir la  consolation de ne pas être le seul à regretter de pas être aller en vacances à Berck-City la cité du rock n roll ou la musique est forte et les filles des canons.

   - "Alors Lulu et toi t'as fait de conquêtes pendant tes vacances ?"  lui assénât Laurent, le sourire au coin des lèvres.   

   La voilà, l'attaque était lancé et la guerre déclarée en une seconde.

   - "Nan, et puis de toute façon j'avais pas le temps !". Lucien pressenti qu'il allait avoir la partie difficile, la réponse qu'il venait de fournir était on ne peut plus nulle. L'autre allait l'achevé, l'occasion était trop belle.

   - "Dis plutôt qu'avec ta dégaine de paysan et ta mocheté t'avait aucune chance !". Franck explosât de rire.

   - "Pauvre Laurent, tu me fais de la peine, t'es toujours aussi con, heureusement que t'as l'autre têtard pour rire de tes vannes de gros nul".

   - "arrête de te marrer, dit-il sur un ton acerbe en se tournant vers Franck, à chaque fois qu'il balance une vanne t'es mort de rire, t'es aussi abruti que ce pauvre mec !". Lucien était piqué au vif et cela risquait de mal se terminer.

   - "Paysan! Mattes un peu comment t'es fringué, en plus c'est nouveau ça, t'as de plus en plus de boutons sur la tronche, t'es pas prêt de rouler un patin à une fille !". 

   Cette fois-ci Franck se roulât par terre submergé par une crise de fou rire.

   Le coup de poing partit subitement sur le nez de Laurent et aussitôt la bagarre fit rage, Il l'avait poussé à bout et il savait dès le début que la conclusion en serait une bonne bagarre pour fêter les retrouvailles. Celle-ci fut brève car Franck arrêta net sa crise de rire et entrepris de séparer les protagonistes.
 
   - "Arrêtez !!!!! vous allez pas recommencer à vous battre !!".

   Finalement les deux ennemis cessèrent les hostilités à son grand étonnement. La situation était revenue à un calme précaire dans une ambiance lourde de rancoeur.

   - "Bon! Vous dégagez d'ici, et regardez bien le papier peint car vous êtes pas prêts d'y remettre les pieds !" Eructa soudain Lucien. 

   Il en avait marre, marre de ces deux clowns et il avait réellement assez de haine pour pouvoir se passer d'eux à vie s'il le fallait, de toute façon avec ce qu'il avait dans sa chambre il pouvait s'éclater tout seul pendant longtemps.

   - "Allez reste cool, hein Laurent c'est fini O.K ?" dit Franck.

   - "J'en ai rien à foutre de ce bouffon !".

   - "Cassez vous maintenant, déblayez le terrain vite fait, je suis chez moi !".

   Laurent et Franck se regardèrent puis se levèrent et quittèrent la chambre. Lucien resta seul à fulminer contre lui même. Bien sur il en voulait à mort à Laurent mais il devait convenir à contre coeur qu'au moment où il l'avait vu arrivé transformé de la sorte il l'avait immédiatement envié. Et finalement son ennemi n'avait pas tort, les cheveux courts, le pantalon large en velours marron avec le gilet ringard, il ressemblait vraiment à un paysan du dix-neuvième siècle.
 
   Il était plus que temps de prendre la situation en main et plusieurs décisions s'imposaient.

   Il décida que désormais il n'était plus question de laisser sa mère acheter ses fringues à sa place, le massacre avait assez duré.

   Ensuite il décida également de rayer de son carnet d'adresse le numéro de téléphone et l'adresse du coiffeur. Enfin c'était terminé de jouer au bouffon avec pépé mémé pendant les vacances. Les prochaines serraient donc consacrées entièrement à la chasse aux nanas. Et là il s'agissait de clouer le bec à cet enfoiré de Laurent.

   Seul dans sa chambre il médita longtemps et c'est ainsi qu'il débuta sa métamorphose.
               

*****************

Passer au chapitre 4


 

Vous êtes ici : SOLDATS DU ROCK Chapitre 3 - La chambre.