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Chapitre 2 - Vacances musicales

CHAPITRE 2 - Vacances musicales
 

   Se faire réveiller au milieu de la nuit n'est pas une chose très agréable excepté si le motif est le départ en vacances. Aussi, malgré les trois heures et demie du matin, il se leva sans trop de difficultés. 

 Sa mère, elle, avait beaucoup de mal à garder les yeux ouverts surtout qu'elle ne partait pas en vacances, le père de Lucien lui ne se levait pas.

   Le temps d'un petit déjeuner vite avalé que déjà la voiture était prête à partir. L'organisation des grands-parents avait toujours été impressionnante. Un bref au revoir à sa mère et Lucien prenait place dans la voiture, prêt pour affronter une dizaine d'heures de voyage. Un voyage dont la destination était Arès.

   Arès, une petite ville balnéaire située tout au fond du bassin d'Arcachon à une cinquantaine de kilomètres de Bordeaux. C'était son grand-père et sa grand-mère qui avaient découvert la région durant des vacances. Ils avaient eu le coup de foudre et avaient fait construire une jolie petite maison qu'ils avaient appelé "Ma petite folie". Et depuis, chaque année, ils venaient y passer les grandes vacances ainsi que les vacances de Pâques. Lucien aimait  partir avec ses grands parents et cette migration annuelle était un rite, une coutume qu'il avait toujours connu et qu'il appréciait à sa juste valeur. Comme tous les ans il  allait passer le mois de Juillet avec sa soeur en compagnie des grands-parents maternels et paternels ce qui était une chance donné à peu de monde.  Ensuite le mois d'août verrait l'arrivée des parents, ceux-ci y passaient  le mois entier, repartaient et Lucien passait les derniers jours de vacances du mois de septembre avant de rentrer à la maison juste quelques jours avant la rentrée des classes.

  Tout cela se passait comme çà depuis qu'il était né et il n'y voyait absolument rien à redire. L'air de la région était pur et sain, il montrait toujours bel appétit durant ses séjours. Le bassin d'Arcachon était en plus une petite mer bien tranquille,  bercée aux  rythmes de ses marées qui lorsqu'elles étaient basses découvraient le bassin laissant les bateaux comme abandonnées sur la luzerne qui s'étendait à perte de vue. A quelques kilomètres à l'ouest, l'océan Atlantique venait fracasser ses vagues contre les dunes du littoral . Ensuite derrière les dunes s'étendait dans toute sa grandeur la forêt landaise avec ses grands pins maritimes, ses odeurs de résine et de bruyère.

   Tout ceci donnait à la nature un aspect sauvage et à la fois serein que même le flot des vacanciers ne parvenait à troubler. Oui, Arès était bien une petite ville tranquille, idéale pour se reposer au bon air.

   Une bien jolie petite station balnéaire qui allait se transformer quelques années plus tard en un haut lieu de batailles rangées qui allaient devenir célèbres dans le  monde entier.

   Le centre de la ville était occupé par la place de l'église, de là plusieurs petites avenues amenaient aux quatre coins de la ville. L'axe principal était l'avenue de la plage qui partait de l'église et arrivait naturellement à la plage, dans l'axe l'ancienne jetée s'avançait dans le bassin d'Arcachon. Un ancien moulin fortifié et restauré semblait monter la garde. L'esplanade assez vaste en faisait un lieux idéal pour s'étendre dans l'herbe et se laisser envoûter par la petite brise venue du large. Les autres petites avenues amenaient à différents petits lotissements situés en bordure de forêt. D'autres petites rues amenaient à de petites plages tranquilles. Un endroit agréable et calme.     
     
   L'été se passait le plus tranquillement du monde, Lucien faisait de grandes promenades en  bicyclette et passait ses après-midi à la plage. Puis avec l'arrivée des parents ce fut les journées à l'océan car les grands parents étaient trop vieux pour monter les dunes avec la chaleur. D'ailleurs Lucien aussi avait du mal à les monter ces dunes mais la perspective de l'eau fraîche de l'atlantique représentait la récompense pour l'effort fourni. 

   Mais à la différence des étés précédents Lucien avait oublié le charme des dunes et les vagues fraîches de l'océan atlantique, il passait des heures entières devant son électrophone à écouter le même disque, et plus il l'écoutait plus il en était fou. Il connaissait les paroles par coeur même s'il n'en saisissait pas toujours leur signification, il savait à quel moment la guitare partait en solo. Le solo de batterie de la troisième face du disque dans le onzième morceau n'avait plus de secret pour lui. De plus, il avait remarqué que la librairie du centre ville disposait de magazines allemands et anglais où figurait très souvent son groupe fétiche, aussi dès qu'il voyait un article même bénin, quelques lignes ou bien une photo il succombait à la tentation et achetait le magazine.       

   Il s'était mis aussi à lire la presse rock française mais avait rapidement remarqué que les magazines nationaux étaient assez ringards, leur seul avantage était de pratiquer une langue familière. Une autre chose qui l'agaçait profondément était que son groupe préféré était visiblement ignoré. En France Kiss n'était pas encore reconnu comme un mouvement musical majeur dans l'histoire du rock. Apparemment c'était le seul pays car partout en Europe, aux Etats-Unis, au Canada ou au Japon chaque concert déclenchait des émeutes et des mouvements de foules incroyables.

   Les disques du groupe se vendaient comme des petits pains. Des T-shirts, des badges, des poupées à l'effigie des musiciens, un flipper Kiss, des casquettes, des porte-clés, des tatouages et même un film en préparation. C'était la folie.   

   Lucien savait tout cela grâce à cette presse étrangère, il s'était constitué un album photo uniquement consacré à Kiss et passait des heures à le feuilleter et à admirer les photos, sur scène, en studio, sur les toits de New-York, au Japon etc ...

   Le plus incroyable c'est qu'aucune photo ne montrait le groupe sans maquillage et cela ajoutait au mystère. Personne n'avait jamais vu leur visage.

   Lucien ne connaissait pas encore les lois du marketing et trouvait tout cela presque magique. Ce groupe représentait le rêve. Toute cette armada publicitaire faisait dégager une image d'un groupe de rock d'êtres surnaturels et mythiques, mystiques et sur des millions d'adolescents comme Lucien dans le monde entier cela devait représenter un sacré paquet de dollars.

   Le groupe possédait un fan club appelé la Kiss army, celui-ci disposait d'un réseau de distribution dans presque tous les pays. Le logo était toujours avec les deux "ss" façon IIIéme Reich et ajoutait l'impression de régiments de fans enrôlés dans une armée. Cette histoire avait déclenché un scandale très médiatique et donc très profitable pour le groupe ainsi que pour sa maison de disque. Les commandes atteignaient des chiffres astronomiques et les places de concerts se vendaient en quelques heures. En plus de tout cela où plutôt à cause de tout cela pour la première fois dans l'histoire du capitalisme un groupe de Rock tout ce qu'il y avait de peu recommandable faisait une entrée en cotation à la bourse de Wall-Street. Du jamais vu. 

   A la lecture de toutes ses informations Lucien était convaincu que ce groupe allait tout faire péter et qu'il était parmi les premiers en France à avoir vu l'ampleur de cette machine de guerre. Il passa ainsi tout l'été à écouter son unique disque.


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